Procès, t. I, p. 31 et
2. Archives départementales. — Le conseil général de la commune ayant proposé que la garde nationale fût salariée, et Le Bon ayant demandé « qu'on lui fit connaître dans les vingt-quatre heures les citoyens qui ne pouvaient monter la garde sans être soldés, le conseil général représente à Le Bon qu'il est possible que tel citoyen que ses occupations font vivre aujourd'hui soit demain dans le besoin , presque tous les riches étant actuellement en arrestation ». (Séance du 1 er germinal. — Arch. munie.)
« Attendu que la femme Berly, de Vaux, n'allait pas jadis aux farces appelées messes, par haine contre le curé réfractaire, et qu'au contraire, il lui est arrivé d'y assister quelquefois dans le temps du curé soi-disant constitutionnel ; — Attendu que selon la déclaration de Gélestin Lefetz, aujourd'hui administrateur du district d'Arras, cette femme a fait politesse et amitié audit Lefetz, alors curé dans une commune où il a éprouvé mille désagréments de la part des aristocrates ; — Considérant que cette conduite n'est pas celle d'une fermière amie de la contre-révolution; — Considérant qu'elle est d'autant plus louable que, presque partout, et notamment à Vaux, les gros fermiers ont failli allumer la guerre civile en fanatisant les esprits faibles et en les ameutant contre les prêtres soumis aux lois; — L'agent national du district de Bapaume fera mettre de suite en liberté ladite femme Berly et ses enfants i ».
On avait mis en arrestation à Béthune un nommé Jacquet qui, dans son zèle à persécuter les prêtres, avait dépassé les bornes ; Le Bon s'empressa de rendre justice à ce patriote opprimé :
« Vu le rapport sur l'affaire Jacquet, prévenu d'avoir exercé des vexations dans les campagnes en balayant des prêtres perturbateurs ;
« Considérant que l'homme convaincu des maux causés par les prêtres à l'humanité a pu difficilement contenir l'exaltation de son âme en voyant l'instant favorable de purger de ces charlatans la terre de la liberté; — Arrête que Jacquet sera sur-le-champ élargi 2 . »
Les patriotes qui formaient l'entourage du représentant ne se faisaient pas faute de suivre son exemple et d'emprisonner à tort et à travers ceux qu'ils regardaient comme suspects. Le 28 ventôse (18 mars), « Célestin Lefetz expose