Procès, t. h P. flOS
femmes et les enfanta passèrent toute Une joitfbée sans manger l .
Ce n'était pas assez d'avoir séparé les maris d'avec les femmes ; Le Bon enleva aux parents la consolation de con* server auprès d'eux leurs enfants :
« Les enfants mâles des gens suspects d'Àrras au-dessous de sept ans seront conduits en la maison des Orphelins où ils seront élevés aux frais de la République; les filles au» dessons du même âge, dans la maison de l'Égalité : sont chargés de l'exécution du présent arrêté les commissaires aux émigrés, à la charge par eux d'instruire la municipalité de toutes leurs opérations relatives à la présente commission 2 ».
Après avoir dépouillé les détenus de tout ce qu'ils pos* sédaient et ne leur avoir même pas donné le strict néces^ saire fixé par l'arrêté du 18 ventôse 3 ,le district livrait, par
1. Conseil général de la commune, séance du 12 germinal : « Un des commissaires aux prisons s'êtânt transporté hier à la Providence, il y a trouvé toutes Us femmes et tous les entente dans Une émotion extraordinaire dé (g que on leur avait refusé le lait du matin pour les enfants et la soupe à midi pour tous les détenus. S'étant informé pourquoi, on lui a répondu que c'était parce que le président du district avait donné ordre à la directrice âê ne rien recevoir; qu'il & cru devoir changer 1 ordre jusqu'à ce que les chaudières y soient établies» et qu'il a fait de même à l'Hôtei-Diett»<
2. Arrêté du 3 germinal , Archives départementales. — La municipalité dépassa les ordres du représentant : « Séance du 22 germinal : La dame Clabaut, femme Dattchez, détenue, demande tm de ses enfants âgé de trots ans. — Ordre du jour. — La nommée Morel, femme Bacqueville, demande un de ses enfants âgé de six ans. — Ordre du jour. »
3. Pour ne citer qu'un exemple, « l'état général dressé par les commis* saires aux prisons » constate que Cartier-Mathieu et sa femme , arrêtés le 1er germinal par Tordre du comité» avaient pour tous meubles et effets : « M. Cartier, à r Hôtel-Dieu 2 1 matelas, l chemise, 1 col de cravate, 1 mouchoir de poche, l paire de bas.— H™ Cartier, à la Providence : 2 matelas, 1 couverture, 1 paire de draps, 1 chemise, l mouchoir de cou, 1 mouchoir de poche, 1 paire de bas ». — Un grand nombre de détenus n étaient pas mieux partagés. Ce fat seulement le 4 floréal (93 avril) que le district
— 3i0 — mesure d'économie, leurs maisons au pillage. Il commença par mettre en location les jardins « provenant de ces êtres contre-révolutionnaires : les vrais sans-culottes furent invités à louer ces jardins, puisque, devenus locataires, le luie en disparaîtrait ». On imposa aux occupeurs « l'obligation de les ensemencer, les trois quarts en légumes farineui, l'autre quart en légumes proprement dits » (arrêtés des 1 1 et 28 ventôse) *.
« Un membre du district fit observer (le 28 ventôse) qu'il existait chez Boussemart 3 trois vaches, un veau, deux cochons noirs et des poules. » L'administration ordonna qu'ils seraient vendus publiquement et argent comptant. « Ces ventes, dit l'arrêté, seront annoncées au son du tocsin, et le montant versé dans les caisses du séquestre. Les foins, fourrages, avoines seront versés dans les magasins militaires, et le scourgeon, seigle, blé, dans ceux de la commune. La même mesure s'étendra à toutes les maisons d'émigrés, de reclus, de déportés, de suspects et ci-devant nobles. »
Pour compléter ces dispositions, le district « autorisa la municipalité à retirer des maisons des détenus tout le bois qui pouvait s'y trouver, pour être vendu et alimenter les fours des boulangers et servir aux malades indigents » ^arrêté du 8 germinal). « Il y avait dans ces maisons des objets de première nécessité qui couraient risque de se gâter, tandis que nos braves sans-culottes éprouvaient la plus grande pénurie de ces objets : tous les vivres furent enlevés
donna l'ordre de délivrer aux femmes détenues à la Providence les effets qui leur manquaient. Les procès-verbaux déposés aux archives constatent que la distribution de ces effets n'était pas encore terminée au 21 prairial.
l. Les jardins des détenus furent fouillés avec soin : on y trouva des richesses considérables. Ainsi chez M. Stoupy, rue des Capucins, on découvrit 57,060 livres enfouies dans le sol. Le vingtième du trésor saisi appartenait au dénonciateur.