M. Boussemart fut condamné à mort le 28 germinal
et distribués à la maison commune » (arrêté du 18 germinal) «.
La désolation pesait sur la ville. Les fermiers n'osaient plus approvisionner les marchés. « Sur vingt-deux voitures de voyageurs qui arrivaient par décade à Arras, on n'en vit plus une seule ; la terreur était telle que Ton faisait dix lieues de détour pour éviter d'y passer. Si vous étiez deux dans la rue, c'était une trame, un complot. Les marchands cessaient leur négoce , et allaient par crainte aux séances de la Société populaire et du tribunal. Il n'était plus possible de se procurer un ouvrier, ils étaient soldés pour y assister 2 ».
Dans une population de vingt-cinq mille âmes opprimée par une poignée de scélérats, on n'apercevait, chose étrange, aucun symptôme de résistance 3 . Des familles entières se laissaient emprisonner sans savoir et sans demander pour
1. Ainsi lç 27 floréal les comités saisirent dans la maison de M. Cartier : c Neuf pièces de lard , un jambon et une jambette, cinq jambons in fumés, quatre morceaux de mourue, un morceau de bœuf salé et environs deux livres de heure *; — le 4 prairial : « Trois sacs de farine, un sac de bled et un sac de son »; — le 2 thermidor : « Dix-sept pouces de bois d'orme, sept fagots et trois livres de chandelle ».