‹ Le Terreur dans le Pas-de-Calais et dans le Nord Histoire de Joseph Le BonChapitre 163 sur 185 · Lisez Boucquel de L& Comté · texte numérisé non relu

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que la susdite église a été achetée des deniers et an nom d'émigrés et de contre-révolutionnaires, dont les biens sont acquis et confisqués au profit de la Nation;

« L'assemblée déclare nulle et non-avenue l'adjudication du 8 avril 1 792 et tous actes postérieurs faits eu conséquence d'icelle; arrête que les sommes payées par leSdits Catenne et Delestré sont acquises à la République, et que ladite église sera revendue dans les formes et manières accoutumées.

« Considérant en outre qu'il résulte des pièces ci-dessus mentionnées et des déclarations faites par le nommé Catenne que différents fonctionnaires publics , connus par 4eur civisme., y sont inculpés ;

« Considérant aussi que de pareilles inculpations pourraient tendre à leur ôter la confiance publique dont ils doivent être revêtus pour pouvoir remplir dignement leurs fonctions ;

« Considérant enfin qu'en de pareilles circonstances, il est du devoir de l'administration de donner connaissante au représentant du peuple des faits repris aux procèsverbaux des séances du district d'Àrrasdes 15 et 16 pluviôse ;

« Arrête que copies collationnées de toutes les pièces relatives à la vente et revente de la ci-devant église de Saint- Géry seront adressées au représentant du peuple, Joseph Le Bon, pour par lui être pris tel parti qu'il trouvera convenir * . »

Pendant que Joseph Le Bon instruisait cette affaire si compromettante pourlespatriotes, une trahison infâme amena la découverte de pièces. autrement précieuses. Le I e ' germinal (21 mars), le citoyen Catenne, à qui M me Bataille, avant son arrestation, avait confié moyennant salaire le soin de ca-

i. Arrêté au I er ventôse (19 février). ArçMvw dôpartemeataies.

cher sons un plancher des armes provenant de son mari, des papiers et de l'argenterie, alla spontanément la dénoncer an comité de surveillance :

« Le citoyen Gatenne s 4 est présenté an comité et a dit avoir caché de l'argent chez la nomm^ Rulleconte, rue des Augustin?, entre le plancher et le plaftm, et s'est offert de nons y conduire pour nous indiquer l'endroit ; a dit, au surplus, que chez une autres nomm^ Bâtai/, il s'y trouvait des armes à feu dans un cabinet à poudrer , et qu'il s'offrait aussi de nous y conduire pour nous désigner la place.

« À Arras, le premier germinal l'an deux... »

Le comité envoya la dénonciation à Le Bon et lui indiqua le domicile du délateur : « Ce citoyen reste rue de l'Abbaye, chez Duporche tailleur, n° 182 ».

Joseph Le Bon écrivit au pied de l'acte :

« Le district d' Arras enverra un commissaire avec les deux membres du comité de surveillance pour lever les scellés aux endroits désignés. »

Le lendemain, Martin-Joseph Le Bon * et Sébastien Boi zard, membres du comité, accompagnés d'un membre dn district et de Félix Gatenne, procédèrent à la recherche des objets signalés dans la dénonciation :

« Nous nous sommes transportés en la maison occupée par la nommée Bataille, où étant, avons fait lever le scellé apposé sur la porte d'un cabinet nommé le cabinet à poudrer, et après avoir fait ôter deux planches du plancher du dit cabinet, avons trouvé les effets et papiers, or, argent, argenterie :

« Un petit sac de cuir dans lequel nous avons trouvé un petit rouleau contenant vingt-cinq louis en or de quarantehuit livres chacun, différentes pièces d'argenterie, un cou-

1. Martin- Joseph Le Bon était oncle du représentant. Procureur au Conseil d'Artois en 1765, notaire royal en 1767, il était devenu successivement huissier de justice de paix (1790) et ofiicier de police de sûreté (1792).

teau de chasse et différents titres et papiers que nous n'avons pas inventoriés, le tout ayant été trouvé entre le plancher et le plafond dudit cabinet ; avons mis le tout dans un sac de toi//e sur lequel avons apposé le scellé, et avons pareillement trouvé quatre fusils de chasse et deux paires de pistolets. Tous les objets ci-dessus ont, sur-le-champ, été portés au représentant Joseph Le Bon, pour par lui en être disposé ainsi qu'il appartiendra. — Boizard, Le Bon, Ghevalieb, Càtenne. »

On procéda à l'inventaire de l'argenterie : « Une paire de boucles d'argent, deux cuillers d'argent au ca^é, une épaulette et sa contre-épaulette en argent, nue hausse-col en cuivre doré avec les armes du ci-devant Louis Capet ; dans un petit panier, le portrait du Tirant des Français et celuy de sa femme, observant que celui dtf Teran est cassé en deux parties, lesdits portraits faits en stacq. »

Parmi les lettres et papiers saisis, les commissaires découvrirent une chanson royaliste, divers imprimés contrerévolutionnaires, plusieurs lettres adressées, les unes à M. Bataille, les autres à M. Desamusoir, ancien vicaire de Saint-Jean, et paraissant provenir des prêtres de cette paroisse, enfin « un petit registre carré couvert en parchemin» sur lequel M me Bataille avait inscrit, du mois d'octobre 1791 au mois d'août 1793, les aumônes que les paroissiens de Saint-Jean lui avaient confiées. Au haut de la première page, M m# Bataille avait malheureusement écrit : « Liste des personnes qui veulent bien concourir à l'abonnement de nos prêtres, à commencer le 1 er octobre, de mois en mois * ». Ce registre se convertit aussitôt en titre de proscription contre tous ceux qui y étaient dénommés.

Une particularité en apparence insignifiante accroissait les dangers de M me Bataille et de ses complices. Sur le pre-

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