Procès, t. n, p
mier feuillet du registre, on lisait : « Monsieur Dauchez »; la même mention était répétée à la deuxième page, relative au mois de janvier 1792 ; plus loin, à la date de novembre, on trouvait encore le nom : « M. Dauchez », sans que Ton pût distinguer si la lettre M était l'initiale du mot « Monsieur » ou de « Madame S). Or la famille Dauchez comptait parmi ses membres Jean-Baptiste Dauchez, qui était des plus compromis aux yeux des révolutionnaires. Avocat distingué au Conseil d'Artois (1775), échevin en 1789, admis en cette qualité à la dernière assemblée des États, administrateur du district en 1 791 , l'un des promoteurs de la pétition adressée *au département pour la conservation des églises, Dauchez s'était, de plus, attiré particulièrement la haine de Darthé, « homme d'un caractère à ne pardonner jamais 2 » : il s'était chargé de plaider à Saint-Pol contre le frère de cet administrateur du département. Invité par Darthé à se dessaisir du dossier qu'il avait accepté, il ne voulut pas composer avec le devoir et répondit qu'il plaiderait. La veille de l'audience, le 14 mai 1793, il fat arrêté par ordre du département 3 .
M. Dauchez, écroué aux Baudets, apprit qu'il avait été emprisonné à la demande de Darthé ; il dévoila le secret de cette dénonciation , et, quatorze jours après , au momont d' être envoyé à Doullens, il fat élargi. — Cependant, Le Bon était à peine arrivé en mission dans le Pas-de-Calais que Dauchez lui fat recommandé. Le 21 janvier 1793, il avait adressé « à Madame d'Ordre de Fienne, en son château de Lefaux, proche de Montreuil-sur-Mer », une lettre qui n'avait d'autre objet que d'indiquer à la baronne d'Ordre les nouvelles dispositions relatives aux certificats de résidence, et qui se terminait par la formule : « Je suis