Archives départementales
une perquisition dans sa maison. Une « correspondance criminelle et des brochures contre-révolutionnaires » ayant été saisies par eux, ils jugèrent convenable d'arrêter non-seulement M* 6 Arrachart, mais sa fille aînée, Constance. « Je leur représentai, dit Constance Arrachart, que mes deux frères, élèves en chirurgie, étaient malades. L'un d'eux dit qu'il fallait les envoyer à l'hospice. Non, dit un autre, une maison d'arrêt est assez bonne pour des aristocrates l . » Le lendemain, deux des commissaires adressèrent au comité la lettre qui suit : « Frères, nous vous prévenons que nous avons envoyés à l'infirmerie des Capucins deux garçons malades de la veuve Arrachart, et une fille à la Providence, que nous avons arrêtés comme très-suspects, d'après les papiers et correspondances trouvées en ladite maison, et envoyés au représentant du peuple Joseph Le Bon 2 . »
Ainsi M m# Arrachart et sa fille venaient occuper la place que la faveur populaire, subitement acquise à Boniface, menaçait de laisser vacante sur la liste des accusés.
Ces nouvelles poursuites ne faisaient pas disparaître l'indécision de l'accusateur public. Caubrière le manda au département, dans le bureau de Le Bon. « Eh bien ! lui dit-il s , en voilà des contre-révolutionnaires ! » — Demuliez ne lui répondit pas, mais s' adressant à Le Bon : « Je ne vois que la Bataille à la charge de laquelle on pourrait dresser un acte (l'accusation. » — Le Bon feignit de partager cette opinion et lui répondit : « Je ne crois pas que le jury condamne ces vieilles dévotes. » Demuliez ajouta qu'il ne trouvait pas Boniface et Dauchez plus coupables : Le Bon fut encore de son avis.
' Évidemment, l'accusation confiée à Demuliez devait amener un échec. . . Une occasion se. présenta de se débarrasser de