‹ Le Terreur dans le Pas-de-Calais et dans le Nord Histoire de Joseph Le BonChapitre 177 sur 185 · Procès, 1. 1, p · texte numérisé non relu

Procès, 1. 1, p

Pélagie Bâcler; < Antoine-François Leroy d'Hurtebise ;

Hector Gamonet;

Louis-Alexandre Becqnet;

Yindicien Blin ,

Et François-GuislainBoucquel, à la peine de mort, conformément aux dispositions de l'article 4 de la V 9 section du livre 1 er de la 2 e partie du code pénal, ainsi conçu :

« Toute manœuvre, toute intelligence avec les ennemis de la France, tendant soit à faciliter leur entrée dans les dépendances de l'Empire français, soit à leur livrer des villes, forteresses, ports, vaisseaux, magasins ou arsenaux appartenant à la France, soit à leur fournir des secours en soldats, argent, vivres ou munitions, soit à favoriser d'une manière quelconque les progrès de leurs armes sur le territoire français, ou contre nos forces de terre ou de mer; soit à ébranler la fidélité des officiers, soldats et autres citoyens envers la Nation française, seront punis de mort ».

« Ordonne que l'exécution aura lieu dans les vingt-quatre heures, à la diligence de l'accusateur public, sur la place de la Révolution ; — Déclare les biens des condamnés confisqués au profit de la République ; — Ordonne que le présent jugement sera imprimé en nombre suffisant d'exemplaires, pour être envoyé et affiché dans toutes les parties de la République, et notamment dans toutes les communes du département du Pas-de-Calais. »

L'exécution des condamnés fut aussi précipitée que les débats l . Les registres de l'état-civil constatent qu'à trois

1. M. Blin de ttullecomte avait adressé au comité de surveillance un billet qui ne fut lu qu'après sa mort, et dans lequel, soit qu'il craignît de compromettre plus tard quelque personne, soit qu'il voulût braver ceux qui lui ôtaient la vie, il se dénonçait lui-même comme détenteur de brochures contre-révolutionnaires. — - Extrait du procès-verbal du comité révolution-

heures de l'après-midi, en moins de cinq heures, accusateur public, jurés, juges et bourreau avaient terminé leur besogne.

• Un détail fait frémir. Après l'exécution, le bourreau se permit d'insulter et à la pudeur et à la mort... On ne sévit pas contre ce misérable * .

Le récit devrait s'arrêter au bord de la fosse qui reçut les corps des victimes 2 ; mais d'autres faits qui se rattachent à cette immolation achèvent de montrer quelle était la dépendance du jury révolutionnaire, et dévoilent dans toute sa nudité cette époque à jamais abominable.

Aussitôt que les jurés furent rentrés dans leur chambre, reux qui avaient voté pour la mort de Dauchez firent tapage. Lçs menaces de Gaubrière furent particulièrement dirigées contre Gabriel Le Blond qui présidait le jury, Danten et Boizard. Le Blond se contenta de répondre : « J'ai voté selon ma conscience », et il sortit. — Quelques heures plus tard, chargé d'une mission du comité de surveillance, il se présenta au bureau de Le Bon. Il y rencontra Duquesnoy

naire : « On lit un billet écrit et signé par Blin de Hullecomte, condamné cejourd'hui à la peine capitale, par lequel il déclare qu'il existe dans sa mai* son, caché dans des décombres, sous le bangard de sa serre, une quantité de brochures contre- révolutionnaires dans deux petites caisses, et qu'il y a dans sa maison un ouvrage de Calonne, une « Comparaison des révolutions », par l'abbé Guillon, et des livres d'église, ainsi que des registres de fabrique. L'Assemblée arrête qu'il sera procédé à la recherche desdits papiers qui seront remis au dépôt du comité. » (Archives départementales.)

Page 1