LIVRE III
Le Bon fut admis à l'Assemblée nationale par décret du 2 juillet. En arrivant à Paris, il accepta l'hospitalité de Guffroy, à la table de qui il vécut pendant un mois avec sa femme et son beau-frère. Plusieurs membres de la Société populaire d'Arras l'avaient engagé à se faire recevoir aux Jacobins; il déclara qu'il ne voulait pas subir d'influence, et que, pour mieux voir, il tenait à rester libre. S'il faut en croire Guffroy ', la circonspection de Le Bon avait une seconde cause ; il pensait que la Convention n'avait plus trois mois à vivre. Ce qui rend cette allégation vraisemblable, c'est que, le 29 juillet, Le Bon consulta à Arras l'administration départementale pour savoir si la Convention ne devait pas se donner de successeurs.
Le spectacle auquel Le Bon assista sur les bancs de l'Assemblée pendant les trois mois qui précédèrent sa mission dans le Pas-de-Calais ne fit qu'exalter ses passions politiques : loi contre les accapareurs, érigeant le commerce en crime ; décret ordonnant la profanation des tombes royales;