Censure, p
proscription et supplice de nos généraux en chef dénoncés par les Jacobins ; levée en masse, organisée avec un appareil théâtral qui ne suppléait point à l'enthousiasme de 1 792 ; création d'une armée révolutionnaire destinée à parcourir les départements et à purger de tous les tyrans la terre de la liberté; l'épouvantable loi des suspects, « établissant le système d'extermination en régime légal * »; la Reine et les Girondins livrés au bourreau.... telles furent les mesures violentes dont Le Bon fut témoin et auxquelles il concourut plus ou moins par son vote.
Si nous recherchons dans les procès-verbaux du Moniteur quelle fut l'attitude de Le Bon au sein de la Convention, nous verrons qu'il ne démentit point sa conduite passée. Sans méconnaître toute idée vraie, sans étouffer tout sentiment humain, il sacrifia de plus en plus la cause de l'ordre à celle de la Révolution et s'avança ainsi progressivement vers le terme fatal auquel ses principes et ses passions l'entraînaient autant que les événements : le proconsulat d'Àrras et de Cambrai.
Jeune, inconnu, admis d'hier à l'Assemblée, Le Bon cherche à se montrer. Le 27 juillet, il demande qu'on nomme une commission chargée de présenter les moyens d'abolir la mendicité ; on passe à l'ordre du jour. Sous prétexte d'une erreur qui s'est glissée dans plusieurs journaux et « dont les malveillants pourraient bien profiter pour jeter de la défaveur sur la Convention », il reprend la parole afin de constater que si sa motion a été écartée, c'est que le comité des secours était chargé de cet objet. — Plus heureux le 17 septembre, il fait décréter que tout prêtre qui se sera marié et qui sera inquiété à ce sujet par les habitants de la commune de sa résidence pourra se retirer dans tel lieu qu'il jugera convenable ; son traitement lui sera payé aux frais