‹ Le Terreur dans le Pas-de-Calais et dans le Nord Histoire de Joseph Le BonChapitre 46 sur 185 · e Censure, P. J · texte numérisé non relu

e Censure, P. J

Le 7 prairial (26 mai 1794), Barere, exposant à la tribune de la Convention tes crimes de l'Angleterre : « C'est à Calais, dit-il, que Le Bon, représentant du peuple, a trouvé, en vérifiant les caisses depuis plusieurs mois déposées à la douane, un nombre de caisses remplies de poignards, et le nombreadresséà Paris correspondait au nombre des sections. » (Moniteur un 16 prairial.)

c J'ai chewtoèienvjrâtt au Comité- dé salut public, dit Guffroy (2e Censure, p. 195), un< interrogatoire relatif aux nommés Audibert et Mazuel que Le Bon y avait envoyé., suivant sa lettre du 12 frimaire. Il fallait bien que Barere écartât ee« pièces, pour mieux couvrir ses mensonges officieux en faveur de 4fe Bon. Gee prétend»» poignards n'étaient que de gra&dseouteaux de tablé «u 4e cuisine. »

. — iU - « Dans les maisons dites l'Hôtel-Dieu , la Providence et la Charité, les administrateurs du district avaient trouvé les filles attachées à ces maisons gangrenées d'an fanatisme antiré yolutionnaire ; aucune d'elles n'avait prêté le serment exigé par les décrets. » En conséquence, le district avait arrêté que l'Hôtel-Dieu et la Providence seraient évacués; que les malades de l'Hôtel-Dieu seraient conduits à l'hôpital Saint-Jean, et les filles de la Providence à la prison de la ville. Gomme « il importait que les Sœurs de Charité pussent faire part de leurs secrets et de leurs connaissances », on invita celles d'entre elles qui prêteraient le serment à rester dans leur maison ; on leur imposa, il est vrai, un directeur avec traitement de quatre mille livres, et on convertit leur jardin en jardin botanique. Ces transformations fournissaient à la ville deux établissements de la plus haute importance : dans le plan du district, l'Hôtel-Dieu et la Providence devenaient des prisons ; l'hôpital Saint-Jean recevait le nom d'hôpital de la Réunion et de la Fraternité ; la maison de la Charité s'appelait désormais « Maison de l'Humanité »; au-dessus de la porte principale devait être gravée cette inscription : « Maison destinée à soulager l'humanité souffrante * ».

Les dispositions essentielles de l'arrêté pris par le dis-

1. Les considérants de l'arrêté du district méritent d'être cités.

« Considérant que dans le moment où le peuple français terrasse et proscrit les préjugés de la superstition, renverse les autels élevés au mensonge et au fanatisme et n'a pour évangile et pour culte que la Raison et la Na ture, ce serait un crime de lèze-nature et de lèze-humanité que de confier plus longtemps nos concitoyens, nos frères malades aux soins des filles forcenées et fanatiques qui sans cesse forment des vœux pour le retour de leurs pieux et hypocrites imposteurs, et qui sans cesse importunent le ciel des prières impies qu'elles lui adressent pour la ruine de la République et le triomphe de ses ennemis;

c Considérant que ces filles, par mille moyens dans les maladies périlleuses, peuvent, en parlant de D}eu, de ses Anges et de ses Saints, d'enfer, de pur* gatoire et de paradis, changer l'esprit des malades et nuire par là auxprogrè*

trict reçurent l'approbation de Joseph Le Bon. II en critiqua quelques parties accessoires et profita de l'occasion pour éclairer les patriotes d'Àrras sur les principes qui devaient désormais présider à l'administration .

Calais, 14 brumaire an II.

« J'ai reçu votre arrêté relatif aux hôpitaux et aux maisons de secours. J'approuve les réunions, j'approuve vos divers autres arrangements ; mais j'ajourne la confirmation des nominations par vous proposées. 1° Elles n'ont pas été soumises à la Société républicaine d'Àrras, condition sine qua non. 2° J'y vois des gens prévenus d'avoir donné un certificat à Becquet Cocove, et je ne puis concevoir par quelle inconséquence je laisserais un homme en arrestation, tandis que j'appellerais aux places publiques ceux qui ont attesté sa conduite irréprochable. 3° Je veux bien que l'on emploie des patriotes, mais de préférence ceux qui ne sont pas riches et qui se sont montrés de la manière la plus évidente. Or, tout le premier rang de la vénérable assistance du département est-il placé, pour que vous nommiez la femme Massy à la place de lingère? La femme Massy est riche, si c'est celle que je connais ; elle est patriote, j'y consens. Mais la veuve Lemaire, rue Saint- Aubert, par exemple, n'a-t elle pas plus sacrifié à la Révolution? Ne s'est-elle pas exposée davantage?

« Je requiers donc, administrateurs , un nouvel examen de votre part, et l'examen de cet examen lui-même par la Société populaire.

de l'esprit public, faire des ennemis à la République de ses propres défenseurs, jeter la terreur dans l'âme des faibles et même ébranler les forts ;

« Considérant qu'il est de la saine philosophie de ne pas laisser plus longtemps dans les hôpitaux des personnes aussi dangereuses, aussi fanatiques et aussi contre-révolutionnaires que celles qui en sont en Ge moment chargées ;

« Considérant que ces femmes peuvent tuer les malades, autant que les maladies mômes, par les rêves de la superstition et du fanatisme :— Arrête...

« Je vous observerai encore* que les appointements im directeurs et sous-directeurs me paraissent bien forts, 'sortout quand je les compare aux huit eents livres que vous accordez à celles qui auront le pins de besogne. Je ne reconnais pas là vetre esprit, de justice ; les places de chanoine doivent être absolument proscrites du nouveau régime.

« Ce n'est pas non plus sans une peine très- vive que j'ai vix des philosophes tels que vous entreprendre de consacrer par des inscriptions irréfléchies le mensonge et notre honte : Hôpital de la Réunion et de la Fraternité! Quelle imposture! puisque les pauvres seuls seront réduits à s'y rendre. — Maison destinée à soulager F humanité souffrante! Opprohre ineffaçable de notre siècle!... ^Républicains inconsidérés ! doit-il y avoir une partie quelconque de l'humanité qui soit en souffrance ? N'est-ce pas là un de nos derniers crimes qu'il faut s'empresser de réparer? Mettez-donc au-dessus des portes de ces asiles consacrés au malheur des inscriptions qui annoncent leur inutilité future et prochaine. Car si, la Révolution finie, nous avons encore des malheureux parmi nous, nos travaux révolutionnaires auront été vains.

« Les administrateurs du département du Pas-de-Calais sont requis, sous leur responsabilité, de communiquer cette lettre au conseil de la commune d'Arras, au comité de surveillance et à la Société républicaine l . »

La Société républicaine d'Arras répondait à la confiance de Le Bon. ~ Trois membres de ce club, Caubrière, Duponchel et Carlier, ayant fait une excursion civique à Dunkerque afin d'y combattre Y esprit de fédéralisme, conseillèrent à Le Bonde rendre visite aux, autorités de cette vilk.

Le Bon leur répondit de Calais le 15 frimaire (5 décembre) :

« Je reçois à l'instant, avec le plus vif intérêt, le récit de

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