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heures, au tribunal révolutionnaire. — Il demanda au procureur-syndic de lui indiquer un vaste local où il pût réunir non-seulement la Société populaire, mais tous les citoyens convoqués au son de la caisse. A la suite de cette séance tenue dans l'église des Jésuites, de nouveaux suspects furent arrêtés ; le conseil général de la commune fut renouvelé ; les cordonniers, dont on avait signalé l'incivisme, furent avertis que s'ils se refusaient aux réquisitions ou s'ils les exécutaient avec négligence, ils seraient emprisonnés.
Joseph Le Bon, pendant son séjour à Saint-Omer, apprit que les représentants Isoré et Châles contrariaient ses projets ; il dénonça ses collègues à la Convention : *
Saint-Omer, ce 22 frimaire.
« Je suis dans d'étranges perplexités; mille dénonciations pleuvent autour de moi sur le compte d'Isoré et de Châles, notamment sur ce dernier : soustraction des muscadins à la réquisition pour en former une armée révolutionnaire ; société lilloise influencée, despotisée par tous les épauleiiers * du monde; Robespierre, Guffroy, Joseph Le Bon taxés par Châles de payer des gens pour tout bouleverser en supposant aux réunions dites centrales ; les magasins de nos armées, que la prudence d'Élie Lacoste et Peyssard retenaient loin de nos frontières, rappelés à Lille, comme au temps de Dumouriez ; les vieux et solides patriotes d' Arras, que la Convention et le Comité de salut public ont si souvent déclarés avoir bien mérité de la patrie, menacés d'incarcération et de guillotine. ... 2 .
. 1. Dans le langage des clubs, on donnait à nos officiers le nom d'Épauletiers.
2. Guffroy dans son Rovgyff (4 nivôse-24 décembre), raconte les excursions faites à Dunkerque et à Lille par Caubrière, Duponchel et Cartier, et se livre aux mêmes attaques que Le Bon contre Châles, ancien secrétaire de M. de Conzié, archevêque de Tours.
« La Société populaire d'Arras a tué deux fois le fédéralisme sociétaire
« Je vous le demande, puis-je dormir tranquille ? puis-je me taire et ne pas vous invoquer sous votre responsabilité?
« Comité de salut public, tu as cru devoir envoyer quelques-uns de tes membres à Strasbourg, à Ville-Affranchie, etc., penses-tu que la frontière du Nord, cette frontière si intéressante, puisse se passer de cette mesure? Je ne le crois pas; arrive donc, ou sinon, je fais insérer dans tous les journaux copie de ma présente lettre , pour me servir un jour de décharge.
« Je ne juge point mes collègues ; mais enfin, ils sont grièvement accusés, et ce n'est point eux qu'il faut cônsisidérer d'abord, c'est la patrie.
« Mande-moi la réception de cette lettre et agis en conséquence. — Joseph Le Bon. »
« P. S. Sache qu'ici, à Saint-Omer, la Société populaire avait déjà arrêté de se rendre à Lille par commissaires, pour y former une nouvelle société centrale. Mais sache aussi que, dans cette même société de Saint-Omer, on a mis en question
qui se montrait déjà dans les départements du Pas-de-Calais et du Nord. A la voix de quelques bons sans-culottes d'Arras, la société de Dunkerque a abjuré son erreur, et le feu du patriotisme gagnant toutes les âmes, cette ville devint en un instant une seule famille. Drelin ; alerte ; vois-tu, frère, à la voix des sans-culottes de la société d'Arras se préparer un repas fraternel? Vois le riche : il porte le plus qu'il peut lui- môme, et le pauvre y va gaiement avec l'appétit d'un franc républicain ; bravo, bravo ! Vois tous ces hommes assis sur l'Esplanade : l'allégresse et l'amitié assaisonnent les mets de ce banquet civique et légalité les distribue.... '
« Ces mêmes missionnaires patriotes n'ont pas eu le môme succès à Lille; mais, à leur voix, le Comité de salut public a culbuté l'intrigue, et Hentz fut l'Hercule patriote dont il se servit pour faire triompher la vérité et pour faire rentrer la liberté bannie de son sanctuaire. Les vieux amis de la patrie sont réintégrés dans la société populaire qu'avaient infectée les épaulettes contre-révolutionnaires, soutenues par un député malade, peut-être curable, d'un éclat d'obus, mais travaillé par l'inguérissable orgueil, par l'insolente morgue d'un valet d'évêques, et d'évêques horriblement despotes, les Conzié d'Arras et de Tours, émigrés. »
— no —
si je ppuv&iB requérir Fappo.Ft.de ses registres.; cette provocation à l'avilissement 4 e la représentation nationale ne restera point impunie, je le jure '. »
Cependant, les patriotes d'Àrras infprmèrent Le Bon que le comité de surveillance «qu'il avait tout récemment réorganisé « s'était permis de reitoher, de aa propre autorité, «ne multitude d'individus arrêtés d'abord comme suspects, et avait ainsi usé d'un droit qui n'appartenait q«'auCojBtt£ de sûreté générale et aux représentants du peuple » ; il arrêta « que ce comité, sous la responsabilité individodlç de chacun de «es membres, ferait réintégrer sur^e-champ dans les maisons de détention tous le? individus qu'il a*ati illégalement mis en liberté ». — Béa observation* lui ferra* présentées : il en résulta que les détenue arrêtés par l'ancien comité sans aucune cause écrite avaient seuls été élarr gis. Le Bon suspendit pro viôodnement Tordne de néiucarcératipn générale ; il ordonna néanmoins de placer de nouveau soi|s les verroux « ceux qui auraient des moyens pàysiqïes ou moraux de nuire à In chose publique ? ».
Les gens riches possédaient ces moyens ; mais il ne suffisait pas de les emprisonner, c'étaient eux que le tribunal y^yolutjionnaire devait juger de préférence. Aussi Joseph Le Bon, en apprenant la mort des pçzp jkuyevgmtà condamnés à Ârras, trouva que cette hécatombe d'artisans ne faisais pas le profit de la République ; il s'empressa de {lopnjçr au tribunaj çJLeç instructions poi# J'avepir :
« Considérant que, parmi les prévenus de délits poutre la République, il importe surtout défaire tomber les têtes des riches Reconnus coupables ;
*< Arrête que le tribunal criminel établi h Arras jugera d'abord révolutionnairement les prévenus distingués par