‹ Le Terreur dans le Pas-de-Calais et dans le Nord Histoire de Joseph Le BonChapitre 49 sur 185 · Archives départementales · texte numérisé non relu

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leurs (taleats et .leurs richesses, et que les autres seroat ajournés jusqu'après JLe jugement des premiers i ».

le jour Blême où «et arrêté fut rendu (22 frimaire-12 décembre), le département et le tribunal révolutionnaire appliquèrent à une victime choisie la théorie du maître.

Jean-Lamoral-Marie d'Advisard (37 ans) était né à Arras. Entré dans les ordres, il fut nommé chanoine et vicaire-général de M. de Conzié, archevêque de Tours et frère de l'évêque d' Arras. Le 23 février 1793,, il s'éloigna de Tours, croyant fuir la Révolution, et s'achemina à petites journées vca-s sa ville natale. A son arrivée, il demanda à M. Foacier de Ruzé, ancien avocat général au Conseil d'Artois , une hospitalité dont il ne jouit pas longtemps. Le 25 mars, le citoyen Gilles, horloger , commissaire pour l'arrestation des émigrés et surveillant des prisons, le fit mettre en arrestation. Yu son état maladif, la municipalité ordonna qu'il fût gardé h vire xshez lui, sous la caution de M. de Ruzé. Mais Galles dénonça le fait au département, exposa que M. de JUizé avait lui-même un fils émigré et obtint de l'assemblée «a ordre de réincarcération. Suspecté d'émigration, le •chanoine d'Advisard chercha à se procurer des certificats de résidence. Malheureusement une lettre adressée de Tours à M, de Ruzé fut interceptée par le département qui trouva dans les démarches si naturelles de M. d'Advisard des manœuvres coupables. Le département d'Indre-et-Loire mis en éveil fit savoir à Arras que, par arrêté du 4 avril 1793,, sur la dénonciation de vingt citoyens, il avait prononcé la déportation de trente-trois prêtres, parmi lesquels figurait, quoique absent, M. d'Advisard. En conséquence,, le procureur-syndic de Tours réclama le prisonnier pour le faire transférer à la Guyane.

M. d'Advisard ne se dautant pas qu'il échangeait ainsi

l. Proaàs dt Le Mon* L Ji, p. 120 .

l'exil pour la mort prétendit qu'il n'était plus, lors de l'arrêté, justiciable du département d'Indre-et-Loire ; que du reste la déportation lui avait été infligée indûment, ses fonctions de vicaire-général n'étant pas des fonctions publiques. Il s'avisa d'écrire, le 23 avril, à Joseph Le Bon administrateur du département. « Je vous conjure, lui disait-il, d'avoir pitié du plus infortuné des hommes, qui est tout au plus coupable d'une erreur. » Cette lettre le perdit : Le Bon la fit comparer à trois lettres sans signature adressées de Bruxelles et d'Aix-la-Chapelle , les 1 5 septembre, 10 et 12 octobre 1792, « à M. de Buzé, Basse-Ville, et à M. Lallart de Lebucquière, négociant, rue de la Madeleine. » On trouva de la similitude entre les corps d'écriture et on déclara « qu'il n'était plus question de déporter cet individu, puisqu'on avait la preuve de son émigration ». M. d'Advisart méconnut les lettres qu'on lui présentait ; il déclara que jamais il n'avait mis le pied à Aix-la-Chapelle, et que, depuis dix ans, il ne s'était pas rendu à Bruxelles. Une expertise fut ordonnée. Le 8 mai, sur le rapport du greffier JLeserre et d'un maître d'écriture, M. d'Advisard fut déclaré émigré. Sans perdre courage, M d'Advisard objecta que la preuve résultant d'une vérification d'écriture était éminemment conjecturale, et que d'ailleurs le rapport des experts n'était pas formel en ses conclusions. Le département rapporta son arrêté ; mais comme il voulait perdre M. d'Advisard, il l'inscrivit sur la liste des émigrés.

Le péril n'était qu'ajourné. Aux termes de l'art. 64 de la loi du 28 mars 1793, un mois était accordé à M. d'Advisard, à partir de la publication de la liste, pour se pourvoir devant le département. « Ce particulier demanda à être transféré à Tours et à Douai, où il avait résidé, afin de s'y procurer des certificats de résidence ». Le département chargea le représentant Le Bon , qui n'était pas encore en mission, « de demander à la Convention si un individu

suspecté d'émigration pouvait se rendre dans une commune - éloignée, pour se procurer des certificats de résidence ». Le décret rendu par la Convention nous apprend de quelle manière la question fut posée : « La Convention, sur la déclaration d'un membre que depuis environ six mois le nommé d'Àdvisard, ci-devant chanoine de Tours émigré, se trouve dans les prisons d'Ârras et que, malgré la preuve de sou émigration acquise par les lettres qu'il écrivit l'année dernière des pays étrangers, il prétend justifier de sa résidence et demande à cet effet de se transporter dans la Vendée et départements circon voisins , charge le ministre de la justice de lui rendre compte, sous huitaine, de l'exécution de la loi contre cet émigré rentré en France i ».

En conséquence de ce décret, le département demanda au bureau des émigrés le dossier de M. d'Advisard . Le rapport fut présenté le 16 septembre, et la discussion ajournée jusqu'au retour de plusieurs membres du Directoire actuellement en mission. Enfin le 21 frimaire (11 décembre) les débats s'ouvrirent. « Pourquoi cet homme astucieux, dit le rapporteur, demanda-t-il à justifier de sa résidence, quoiqu'il fût bien persuadé qu'il ne parviendrait jamais à fournir cette preuve? Et surtout, pourquoi demanda-t-il d'être transféré à Tours? C'est parce qu'il espérait, dans le trajet, échapper aux gardes qu'on lui aurait donnés; ou bien, qu'étant près des rebelles de la Vendée, il pourrait tomber entre leurs mains et grossir le nombre de ces brigands effrénés qui ont déchiré le sein de la patrie ; ou peut-être trouver des fonctionnaires prévaricateurs qui lui auraient sacrifié leurs devoirs et les intérêts de la République, Gomment d'ailleurs prouverait-il sa non-émigration? » — Le département touché de ces arguments déclara le fait

l. Décret du 13 septembre 1793. Greffe criminel d'Amiens : Dossier de Le Bon, et Procès, t. i, p. 57.

— 4M d'émigration oondtanft et renvoya M. d'Adrâart au tiibuaal criminel, c'est-à-dire à i'échafaud.

Sûrois mm plus tard, le 7 gémirai {27 mars 17941, mi membre du Directoire du département exposa en assemblée que Joseph Le Bon , lorsqu'il était administrateur, avait découvert «t dénoncé l'émigration du nommé d'Advàsand; {que celui-ci avait subi la peine réservée h son crime ; qu'en «conséqueaee, d'après le décret du 14 février 1793, il rer«- «ait cent livres au représentant du peuple, lequel déclarait cm faire l'abandon à une femme infirme de .Saint-PoL Le manda* de cent livres fut délivré. Avec le prix du sang, Joseph Le Bon faisait ses aumônes.

Le Bon avait averti te comité de surveillance de Bétfauae qu'il passerait à aire les deu* premiers Jours de nivôae, et •qu'il se rendrait à Béthune le troisième du mois ; il arriva dans cette ville «ans s'être arrêté à Aire et par eonaéquettt *ans<être attendu.

« Joseph Le Bon ne peut concevoir, iecrmt41.au district, eommeut, dans une «commune où il existe un «comité de surveillant il a pu entrer, après la fermeture des portes sans qu'on lui demandât même son nom l . *

Le Bon s'occupa d'abord de l'épuration de la Société populaire, au sein de laquelle il prétendait, cherchant partout; des suspects, que les «aristocrates s'étaieat glissé* mus le masque du sans-ouletisme, — Le 3 nivôse (23 décembre) , U communiqua au Gamité de salut publie les soupçons qm tourmentaient son âme inquiète :

k Si je ne relisais dix fois chaque jour mes pouvoirs et les lettres subséquentes que vous m'avez écrites, je serais «enté de croire irrémédiable le mal dont vous m'avez confié la curé. Quel est donc le génie infernal qui conspira centre la liberté française? Il n'a pu nous vaincre par Taristo-

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