Procès, t, I, p
bares railleries de ceux qui l'entouraient, Le Bon demandait le nom, l'âge, la profession, la cause de l'arrestation ; et ensuite, en regardant autour de lui : « Est-il noble, agent d'émigré, riche? Â-t-il des talents? » A quoi ils répondaient suivant leur fantaisie. — Quant à moi, je fus dénoncé par le nommé Jouy en ces termes : « J'ai connu ce jeune homme an collège; il avait déjà des principes royalistes ». J'entendis Le Bon dire à Danel, qui écrivait sur un registre et qui demandait ce qu'il mettrait : « Écris : royaliste 1 . »
Un avocat d'Amiens, Alexandre Morgan, a fait pareillementle récit de cette scène :
« On m'ordonna de monter sur une estrade élevée. Joseph Le Bon me demanda avec une voix effrayante : Qui es-tu? — Morgan. — Ta profession? — Homme de loi. — D'où es-tu? — D'Amiens. — A ce mot « d'Amiens », vous eussiez vu le frémissement général de toutes ces figures. A quoi le représentant répondit en criant : Qu'on l'emporte à l'Abbatiale, et je fus reconduit à ma prison a . »
Une jeune fille, Yédastine Bacque ville, comparut à son tour : elle avait en vain sollicité la mise en liberté de son père, receveur à Arras. Le Bon lui avait répondu qu'il ne serait content que quand il aurait trempé son bras dans le sang du dernier des aristocrates. « On me reprocha, dit Yédastine Bacque ville , de n'avoir point été danser avec les patriotes au Temple de la Raison. Je répondis que je ne l'avais pu, puisque j'étais en arrestation depuis ces bals »; maison cria : « A l'Abbatiale! 3 »
« Parait Charles de Landas. On dit à Le Bon que c'est un bonhomme qui n'a pas tout l'espritdu monde. « Est-il riche?»
demande-t-il. «c Oui, » répond-on. « Emportez-moi ce b
là. » — Succède un prêtre : Le Bon débute par lui ordonner de