Censure, p
Vt. ÎAi Angoisse» de la mort, p. Il
déramrt sa* mission comme terminée et en rentrant m sein de F Assemblée nationale? — Joseph Le Bon feignit de s'arrêter à cette dernière résolution. Le 17 nivése (8 janvier 1794), il écrivit au Comité de salut public :
« Me votai à Arwrs. Ri est à Ptodw dto jour la division entre ta*-' patriotes; mais laissez-moi faire. J-ai appelé pôti* m'aider le collègue Duquesnoy, et voue* sentez qtfe nom prendrons dfcs mesures en conséquence.
« Voilà tan*ôtti>ois> mois* que je suis en mission : qu'en dites-vous? N*est41 pas temps que je retourne?' Pour ma paart, je» le d&Âre.
« Cependant^ l'ouvrage est très-imparfait. Il fendrait visiter tes campagnes, du moins par canton : F intrigue, le ftt* na&isme 1 l'exigent. Blandeft-moi si vous voulez que f entrer prenne cette mission. Elle- ne sera pas inutile et ne coûtera pas cher à la République; car je sais 1 voyager à' pied, * cheval et en voiture. An surplus, les coquins dont je fais confisquer les biens et la tête 1 par les tribunaux- dédommageront amplement la patrie.
« J'attends votre réponse par le retour du porteur. — * J. Le Bon, »
Dttquesnoy ajouta à' cette lettre lés lignes suivantes :
«* La présence de* notre eoUèguc est, comme je* vous Fai marqué, indispensable dans les départements du' Nord et du Pas-de-Calais, pour achever d'y détruire le fanatisme, auquel il a r porté des eoœps terribles, et qu'il terrassera tsrat à fait, si vous le laissez à même de lui donner le dernier coup:
«rRous avons r à nous plaindre des élargissements cottsidê*" râbles que nos collègues fèoré et Laurent ont ordonnée. Ce' n^st pas fia peine que j T aie, dans le temps; sué sang et eaœ pour délivrer le département du Nord des scélérats qui cherchaient à nous perdre, pour les voir aujourd'hui toua en liberté et conspirer contre les patriotes.
a Je suis ici bien mal à mon aise ; je Tais retourner chez moi pour plus prompt rétablissement, et n'attends que le moment de ma guérison pour aller combattre nos ennemis 1 . »
Au fond , Joseph Le Bon désirait prolonger son séjour à Arras; entre les Hodérantistes et les Terribles son choix ne fut pas douteux. Sans attendre la réponse du Comité de salut public, il résolut de se rendre maitre du club , cet instrument principal de la tyrannie démagogique. — « La Société populaire d' Arras était composée de deux cent cinquante membres parmi lesquels il supposa être une quantité de royalistes ; il tonna contre ce nombre. La Société s'épura de son mieux ; il restait encore cent vingt membres; on en fit porter la liste à Le Bon qui tonna comme un diable,
en disant : Vous êtes tous f bêtes, j'y vois encore des
aristocrates. Il sortit comme un furieux, épura encore à sa manière et réduisit le nombre à soixante, tous gens de son caractère. Il divisa ces soixante en trois classes, Tune de patriotes ardents, l'autre de patriotes révolutionnaires et la troisième de patriotes 2 . »
Les choses ainsi disposées, Le Bon fit publier, au son de la caisse, qu'il procéderait, en présence de lapgociété populaire régénérée, à l'épuration des détenus mâles et femelles. A l'avance il annonça « qu'il y aurait beaucoup d'appelés et peu d'élus 3 . »
« On vint nous chercher à la maison d'arrêt, dit Charles Gayette, écrivain attaché au bureau du génie; après nous avoir comptés comme de vils troupeaux que Ton parque, on nous conduisit, au milieu de deux haies de soldats, à la Société populaire, où on nous fit placer un à un sur une estrade élevée. Après nous avoir exposés aux plates et bar-