Circulaire du 24 nivôse. — Arch. départ
être propres aux fonctions publiques, il arrêta là réorganinisation des autorités susdites ». Dans le district il conserva dix fonctionnaires sur seize; il y appela trois Oratoriens et l'ancien curé de Neuville qui , ordonné prêtre par Porion, était devenu curé constitutionnel de cette paroisse 1 . Le conseil général de la commune avait été recomposé, le 1 er avril 1793, parles commissaires de la Convention. Joseph Le Bon destitua le maire, Ferdinand Hacot , et lui donna pour successeur le président du département dont les fonctions se trouvaient supprimées ; il nomma Daillet agent national et plaça au rang des officiers municipaux et des notables vingt-deux citoyens qui n'y figuraient pas auparavant 2 . Quant au comité de surveillance, il devait, aux termes de la loi, être réduit à douze membres : ils furent tous choisis parmi les vingt-quatre membres de l'ancien comité.
Ainsi Le Bon introduisit dans les corps administratifs d'Arras, à côté de révolutionnaires éprouvés par l'expérience et par des épurations successives, des hommes sur lesquels ses relations antérieures lui donnaient une grande
1. Le district ainsi composé ordonna, par le premier arrêté qu'il rendit, de « faire disparaître sur-le-champ tous les calvaires, croix et autres signes existant dans les rues et sur les chemins qui pouvaient rappeler l'idée du culte jadis dominant » ; défendit « de sonner les cloches pour annoncer r Angélus, invention des prêtres et des charlatans propre à fomenter et à nourrir le fanatisme », et interdit aux clercs-laïcs de porter l'eau « que les sots appelaient bénite » (30 nivôse).
2. La nouvelle municipalité ordonna que, le 2 pluviôse (21 janvier 1794), on organisât « une fête pour brûler en effigie les rois chancelants coalisés contre la liberté du peuple français ». — « Le directeur du spectacle sera requis, dit l'arrêté, de jouer, au profit des pauvres, le Jugement dernier des Rois. Un bal -aura lieu, à neuf heures du soir, à la ci-devant église de Saint- Géry, où seront transportés l'orchestre et les lampions existant en la cidevant église de Saint- Vaast. Le citoyen Doncre est chargé de préparer les différents portraits pour cette fête de l'anniversaire de la mort du tyran. L'assemblée y assistera en bonnets rouges. »
iofttenftç et qu'il croyait propres à devenir entre sesmaififf, les uns par leur fanatisme , les autres par une faiblesse coupable, 4e dociles instrumente de tyrannie.
Le district, la municipalité et le comité de surveillance étaient k peine installés que le Gomité de sûreté générale leur adressa, sous forme d'instruction, vingt-six questions sur l'état du pays. Toutes avaient trait aux sociétés populaires, aux comités révolutionnaires, aux suspects et au « fanatisme ». Des réponses qui furent faites à ces demandes il résulta que la Société populaire d'Arras était affiliée aux Jacobins; que Ton comptait dans les campagnes du district environ quatre-vingts comités plus ou moins réguliers dans leur composition ; que tous les suspects arrêtés avaient comparu à la Société populaire devant Joseph Le Bon ; — quant au fanatisme, « il est absolument détruit, disait Daillet en son rapport, ou du moins il est relégué dans lé cerveau débile d'une poignée de cagottes. Dès le mois de brumaire, la commune d'Arras a renoncé au culte catholique et a, par ce trait de philosophie , étendu le domaine de FinteUi* gence ' ».
Joseph Le Bon , de son côté, songeait aux « mesures de salut public commandées par les circonstances ». Le premier arrêté qu'il prit eut pour objet de protéger le bonnet rouge contre la concurrence du bonnet tricolore et l'invasion des broderies. — « Instruit que Ton cherche à établir des différences entre les bonnets de liberté que portent les citoyens, soit en substituant les trois couleurs nationales à la couleur rouge admise jusqu'à ce jour, soit en déshonorant . ce signe auguste par des ornements de l'ancien régime j
« Considérant que, dans le premier cas, il est du devoir du représentant du peuple, d'empêcher tout ce qui pourrait
l. u minute que nous avons sou* les yeux porto « le domine de l'iadigence »,
servir an .ralliement des aristocrates modérés, feux patriotes, etc.; et exciter des mes profitables à nos ennemis;
« Considérant que, dans le seéeud cas, il est argent d'anéanti* tes distinctions coupables que lo riche et l'égoïste s'efforcent de conserver encore dans leur sans*-culotisme simulé, depuis que la loi sur les certificats de civisme et sur l'arrestation des gens suspects les a chassés dans les sociétés populaires pour y tner l'esprit public; — . Arrête ce qui suit :
« Il est expressément défendu à tous citoyens de porter un autre bonnet de liberté que le simple bonnet rouge reconnu par la Contention nationale.
« Les districts, municipalités, comités de surveillance sont tenus de faire arrêter, comme suspect, tout individu qui contreviendra h la présente défense '. »
En protégeant avec un pareil despotisme « le signe auguste de la Liberté » > Le Bon donnait cours à ses instincts inquiets qui lui faisaient voir des aristocrates jusque sous la livrée des sans-culottes ; il flattait en même temps l'opinion démagogique et cherchait, par l'exagération de son attitude révolutionnaire, à écarter de sa personne les soupçons qu'il concevait sur tous les autres. Ces préoccupations se révèlent avec plus d'évidence encore dans les mesures qu'il prit envers la belle-mère de son frère Henri :
<t Joseph Le Bon instruit parla voix publique que la