Greffe d'Amiens : registre Ml* ajustés de l# Jton
« Citoyens, le Comité de salât public Tient de me charger d'établir parmi vous le gouvernement révolutionnaire. Je sens tonte l'importance des fonctions qui me sont déléguées. Je snis prêt à les remplir ; mais, je vous le déclare, mon zèle serait inutile, si on cherchait sans cesse à le distraire par des objets étrangers à ma mission qui pourraient être terminés sans l'intervention du représentant du peuple.
« Je vous préviens donc : 1° que je ne m'occuperai aucunement des affaires qui sont du ressort de mes collègues près l'armée du Nord ; 2° que je regarderai comme non-avenues toutes pièces et pétitions relatives à ces affaires particulières sur lesquelles les districts auraient pu prononcer, à moins qu'on ne dénonce les districts pour s'y être refusés malgré les réquisitions des agents nationaux.
« Quant aux individus détenus comme suspects, je ne déciderai rien sur leur sort, sans connaître officiellement les motifs de leur arrestation. Les comités de surveillance ou autres autorités qui prétendraient aujourd'hui avoir été induits autrefois en erreur sur le compte de tel ou tel particulier devront déclarer les auteurs ou la source de ces erreurs â .
L'épuration des autorités constituées était le seul point nettement défini dans les attributions des représentants en mission. Les mesures de salut public, pour lesquelles l'arrêté du 9 nivôse leur conférait, avec un arbitraire effrayant, des pouvoirs illimités, étaient abandonnées à leur initiative personnelle. Joseph Le Bon exécuta d'abord la partie la plus claire du programme qui lui était tracé. « Après avoir entendu en séance publique les observations de la Société populaire et des citoyens d'Arras sur les divers membres du district, du conseil de la commune et du comité de surveillance, comme aussi sur d'autres individus qui pourraient