Greffe d'Amiens
?. Awôtê do 6 pluviôse (26 janvier).
Votai te oouplet qui avait convaincu ia Bon de a l'inutflitô des prêtres » et qui lai semblait « propre à élever l'esprit public » ;
c vous que j'aime et que j'honore,
Des campagnes bons habitants,
On voudrait tous tromper encore.
Mais attendez jusqu'au printemps :
Quand vous verrez les blés renaître,
Qand vous verrez la vigne en fleur,
Avec nous vous direz tn tilœar :
Et tout ça vient pourtant &an& prêtre I »
Le chevalier de Piis, ami du cardinal de Bernis, membre correspondaiU • de l'Académie d'Arras, auteur de pièces de théâtre oubliées et d'un poème sur r harmonie imitative de la langue françafee4éd*é à Louis XVÎ, «omposo, v par ordre du comité de l'instruction publique de te Gcnvetitian, frreec**. plets patriotiques, devint, sous le Consulat» secrétajre-fénâral de la préfecture de police, chanta la naissance du roi de Rome, fît des stances à Charles X, frappa vainement à la porte de r Académie française et mourut, en 1832, chevalier de la Légion d'honneur, profondément convaincu de l'utilité des prêtres.
ques doa&estiques attachés au prêtres reclus partageaient volontairement la captivité de leurs maîtres : ce dévouement, dont le péril rehaussait le mérite, exigeait une prompte répression.
« Joseph Le Bon, indigné que des prêtres, réfractaires aient des ci-devant domestiques particuliers, flous prétexte qu'Us sont plus riches que les autres réfraetaiies de leur trempe ; indigné que des individus aient été assez vils pour se priver 4e la liberté afin de servir plus particulièrement de pareils titre* } arrête ce qui suit :
« Sans les vingt-quatre heures, le district d'Arras fera sortir des maisons de réclusion tous les soi*disant dômes* tiques particuliers, mâles et femelles, qui peuvent s'y être introduits; ces individus seront de suite transférés comme suspects dans une des maison» d'arrêt de la commune. Le district rendra compte, dans le tiers jour, de l'exécution du présent arrêté '. »
Le lendemain, le district demanda aux directeurs du Vivier et des Capucins « les noms des individus mâles et femelles soi-disant domestiques particuliers de certains prt très réfractaires », et ordonna qu'on conduisit la moitié de ces individus aux Orphelines, la moitié à l' Abbatiale. — On en arrêta douze aux Capucins.
Quelques vieux prêtres étaient restés au milieu de leurs paroissiens, protégés contre la loi par leurs vertus autant que par leurs infirmités. « Youa nigeorez-pas, écrivit Le Bon aux districts du Nord et du Pas-de-Calais, qu une foi met sous lauiain de la Nation les biens des prêtres reclus, comme ceux des déportés. J'ai donc lieu d'attendre que vous ne négligerez rien pour sa pleine et entière exécution. Il est de mou devoir de vous rappeler que, je ne sais par quelle coudescendance, on a laissé dans certaines communes des riéfrac-
• 1. Arrêté du 16 pluviôse (5 février). — Arch. départ.
taires sujets à la réclusion, sous prétexte qu'ils n'étaient pas transportables. N'oubliez pas dans vos recherches les biens de ces invalides, ennemis du peuple; qu'ils soient exactement séquestrés, si tous ne voulez en répondre sur vos fortunes et même sur vos têtes *. »
La persécution s'étendait naturellement des pasteurs au troupeau. Il existe, aux portes d'Arras, un village qui, de temps immémorial, fournit de légumes le marché de la ville. Le Bon apprend que les paysans d'Achicourt s'abstiennent, les jours de dimanche, de leur trafic habituel, et qu'ils se parent de leurs habits de fête. Il s'occupe aussitôt de la répression de ce crime :
« A Achicourt, ce 14 pluviôse. Tous les habitants d'Achicourt, mâles et femelles, excepté les vieillards au-dessus de soixante ans et les enfants au-dessous de dix ans, se tiendront prêts, dans un local quelconque ou en plein air, pour entendre le représentant du peuple.
« Le conseil de la commune est chargé de les convoquer 2 . »
A l'appui des instructions qu'il donna à l'auditoire ainsi réuni, le représentant prit un arrêté vigoureux :
Joseph Le Bon « requiert le conseil de la commune d'Achicourt, sous la responsabilité de chacun de ses membres, de faire loger et nourrir, jusqu'au retour du représentant du peuple, cent quatre-vingts hommes de la garde nationale d'Arras, sous l'inspection des commissaires Duponchel et Marteau, autorisés par ces présentes à toutes opérations propres à faire connaître la malveillance et le fanatisme des