‹ Le Terreur dans le Pas-de-Calais et dans le Nord Histoire de Joseph Le BonChapitre 88 sur 185 · Arrêté dft 14 pluviôse. Archives départementales · texte numérisé non relu

Arrêté dft 14 pluviôse. Archives départementales

la

pas seuls suspecte, 1* loi dit 17 septembre arraitoUe reçu relatrattteat aux ci-devant nobles, parents, agents au fermiers d'émigrés, Hueeûtiè^eiée^tiôQÎLeBDatJroiwaflpii'il était important de Rassurer de ce peint,

« Considérant qulil est inataîitée &'a»s«irerdei v eïécutiom de lai loi du 1 7 septembre dernier (vieux style), surtout relativement aux ci-detattt nobles, parents, age»ts ou fermiers d'éflrigrês;

« Arrête ce qui suit :

« Art. K I^saddfiîlirefrat?erm*»de&di^rkî^ dos» deux dépattemente da Nordet du ï>a^de-€a*ais adresseront* avaa* le 10* ventôse, au représentant du peuple k Arras, lu liste de tond lés ctatevetnt nobles de leur airoùdissem^t respectif, comme aarssi celle des pères,, mères, fils^ filles, frères, s<ear&, agents, fermiers d'émigrés.

« Art. 2; A côté de chaque nom, les admiktetïertears d* district sont tenus de dëelbrer si la peraonne* en questiaa est arrêtée en si eHe a constamment montré son attachement à ta Résolution.

<« Art. 3. Lesdits administrateurs se soovdendtoiftt'qutaa ne leur demande pas si les personnes ne se sont pas mour trées inciviques, mais bien si elles se sont montrées ùtiques.

« Art. 4. Ees administ»atenr* qfci n'auront pas envoyé à répoqne pBeecrite Fétat dont il s'agit setontsuspendus de leurs fonctions ' . »

Ce fui également sous peine de destitution* que « tonales agents nationaux du district de Bapaume forant requis* te tï pftivtôse (Jt janvier), de se transporter bm chefiieul& décadi suivant, pour y recevoir les instructions du repris sentant du peuple. Les conseils gé&éraw&des communesiet les bons citoyens étaient invités à assister auxdites instruc-

* 1. Arrêté du 17 pluviôse (5 février). — Arcb. départ

«ions. Dfettff lettres* de Xe B#n montrent quels sentiments il cherchait & inspirer à ses subordonnés. Le 12 pfoviése, il éorWai* à' l'agent aatioaal d» district de Bapaume s

« Les ctaBMBtfetrees sont telles que rétablissement de; en* mités de surveillance multiplies don» lest caœpagtiss nuwaiti plutôt qu'il ne serait mite' à kir ctosfce publique Nos»ftères des' petftes : commune* ewt été tr*p avilis par l'anotar régime; itoontf été trop pe» instruits, jusqu'à oejeur, dansle* HettvfeaU', pou* ^ftlsrtr à déjotte^l6#trOTM»de la malveillance et de' Pftttrigue;

« Qui placer <te*# lès 1 comités? Le&richc^ Ids, gros- fermiers ? C'est mettre le loupéams la bergewie ; c'est vkrtiaier les<malhe«eit*. Y placera-t-oa les' pauvres? C'es^ faire une besogne -à peu près inutile', es» ces dernier s n'auraient guè*& le emtttig^ d'atteindre l^s honyme» fortuné^ sou» la dépendance desqttete leur mïs&eei les retient.

« Noos en* av*ms respérience dans la composition de laP plupart de* municipalités.

« Je ne vois de remède provisoire, jusqu'à* ^anéantisse*' metfl de Pégofeaœ et la? disparition de l'indigence, que dans le décret du 14 frimaire.

<r Vu agent national Teille sw tout le district; ©es agents* natifooffu* sontohargés^pécialettient^dai^ehdqiiecoiaïmune, de requérir et de pouwuivïe l'exécution des lois; H we Vagit que de bleu choisir ew chevillas onrvrièresç te reste ir#, soit qu'il existe dans les campagnes des comité» de surveii> lance*, seîft q«H tfem exista paa— bailleurs, lesifltamcipa* lités'sont chargées* par lâf loi d'appliquer, ainsi que les do~ mités, le# mesures rôvohrtkmnaireg; »<

Le t% pluviôse (* février), Le Ben écrivait encore fc Fagewt uarMoual fîb%\e district de Saiot-Oaer :

« Tu me consultes sur les détenus de Dohem ; je voudrais être sur les lieux, et j'y serai bientôt; wv je i^owa pasrà prononcer de loin.

« Sans doute je suis disposé à élargir les pauvres que Ton a fait arrêter pour affaires de prêtres ; mais les riches, mais les gros fermiers, mais les hommes capables n'out fait que prétexter la religion pour couvrir leur aristocratie ; et certes ils ne méritent aucune indulgence. .

« Saint-Omer me verra sous peu '. »

Le Bon profita de son séjour à Bapaume pour réorganiser les autorités constituées. Le 19 pluviôse (7 février), après avoir entendu en séance publique les observations de la Société populaire, il fit choix des citoyens appelés à composer le district, le cpnseil général et le tribunal civil. Il écrivit de cette ville au Comité de salut public :

« Bapaume, le 19 pluviôse. — Je suis arrivé hier à Bapaume et j'en repartirai primidi pour Arras,où l'ouvrage est extraordinaire. Cette dernière commune avait été convoitée par Pitt pour servir de point central aux intrigues du Pasde-Calais. Un autre que moi, qui n'aurait pas eu de connaissances locales, aurait déjà fait périr la moitié des patriotes par l'autre moitié.

« Le croiriez-vous ? Désespérée de la réunion des républicains contre les anciens et implacables ennemis de la Révolution, l'aristocratie, pour déjouer mon travail, va semant des lettres anonymes sous la porte de chaque sans-culotte ardent et cherche à les entretenir dans une défiance et use suspicion mutuelles. Je suis en colère ; oui, je suis en colère! Heureusement que Le Bas et Saint-Just me tiennent le département du Nord en respect; car, malgré ma bonne volonté , je ne puis encore sitôt l'entamer. Hesdin, Aire, Fruges, Auxi-la-Béunion, Montagne-sur-Mer réclament impérieusement une visite, et une forte visite. Je ne tarderai pas de m'y rendre. Arrivé à Arras primidi, je vous expé-

dierai copie d'une quarantaine de mes actes depuis les dernières écritures '.»

Autre lettre au Comité : « Ayez-vous lu la fameuse loi sur les tribunaux militaires dont le comité de la guerre Tient de présenter les articles ? Je vous engage à en prendre connaissance. Pour moi, je tous l'avpue, je tremble devant les décrets de dix pages. Les prisons s'engorgent, et cette loi volumineuse ne me parait guère propre à les vider. D'un côté, l'innocence souffre de l'air infect de la plupart des maisons d'arrêt; de l'autre, la guillotine perd sa proie, attendu que plusieurs grands prévenus meurent entre les bras des geôliers 2 . »

Le tribunal criminel pouvait seul empêcher la guillotine de perdre sa proie ; mais ce tribunal semblait regarder comme non avenu l'arrêté par lequel Le Bon l'avait autorisé à juger révolutionnairement tous les délits politiques : s'il consentait, en dehors des cas pour lesquels il avait des attributions, à statuer sans jury sur le sort de quelque prévenu, il se contentait d'appliquer la peine de la déportation. Il prononçait, en somme, plus d'acquittements que dç condamnations. — Le 17 nivôse (6 janvier 1794), jugeant révolutionnairement, il avait condamné à cinq ans de réclusion un vieillard de soixante-dix-sept ans, M. Boniface de Mailly, qui avait voulu faire sonner le tocsin et armer le peuple pour détruire « les brigands » qui l'arrêtaient, et qui avait manifesté le regret de n'avoir plus ses forces pour tuer cinq à six de ces scélérats. — Le surlendemain, il avait acquitté .un notaire de Montreuil, Nicolas Bâillon, prévenu d'avoir dit « qu'il attendait le retour des anciennes lois et la contre-révolution». — Le 24, il avait encore acquitté six accusés, parmi lesquels deux bénédictins et un chartreux, que Ton avait

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