PI
42 Nicolas Lefetz,
43 Leroulx, marchand,
Bé thune.
44 Beuguiet, secrétaire,
45 Duhautpas,
46 François Clément,
Aix-ën-Gohelle.
47 Rémy, greffier,
Bapaume.
48 Augustin Boniface,
49 Armand, de la Société populaire,
Calais. ♦
20 Quignon l'ainé,
Boulogne.
24 Gouillart François,
Béthune.
22 Galand, de la Société populaire,
Arras.
23 Dartus, »
24 Térence Quingnart, •
Noms. Lieux de résidence.
25 Gilles, horloger, de la Société populaire, Arras.
26 Asselin père, » s
27 Divyncourt,
Montagne-sur-Mer.
28 Raguenet,
Hesdin.
29 Turlure,
Saint-Omer.
30 Toulotte,
34 Honoré Vallé,
32 Dupuis, de la Société populaire,
33 Damart, »
34 Colin, d
Aire.
35 Delaplace,
Hardinghem.
36 Garraut, rue Sainte-Claire,
Arras.
37 Varnier,
38 Petit, du district,
3 9 Saint-Remy, au petit Saint-Pol,
40 Danten,
41 Blondel-Petit,
42 Planés,
43 Gabriel Leblond,
44 Boizard, ex-chantre,
45 Danel, chirurgien,
46 Level,
Rivière.
47 Pajot-Berly,
Bapaume.
48 Baudouin,
49 Amable Flament,
Saint-Pol.
50 Boilly,
Frévent.
51 Miennée,
Saint-Pol.
52 Bacqueville, de la Société populaire,
Arras. '
53 Bocquet,
Cagnicourt.
54 Lefebvre,
Béhagnies.
55 Joseph Danvin,
Saint-Pol.
56 Gosse, piqueur,
Arras.
57 Le Blond,
Ligny-sur-Canche.
58 Constant Barbri,
Violâmes.
59 Tassin, dit la Grenade,
Arras.
60 Pain, à la police,
« A Arras, ce 25 pluviôse, Tan second de la République
française une et indivisible. — Le représentant du peuple, Joseph Le Bob ' ».
Le jour même, Le Bon expédia cet arrêté au Comité d^ salut public avec une lettre qui lui sert de commentaire :
« Oui, les grands scélérats échapperaient encore, si Ton n'était sans cesfce sur ses gardes. Hier, le ci-devant comte de Béthune-Pénin parait ici au tribunal comme complice d'émigrés ; on entreprend de le juger suivant les nouvelles lois proposées par le comité de législation et avec un juré ordinaire. Eh bien! quoique son raccourcissement parût certain d'après les pièces, les jurés campagnards qui formaient la majorité ne purent se décider à voter contre un si riche coupable, et le contre-révolutionnaire fut blanchi, où le patriote et le pauvre auraient péri cent fois.
« Imaginez, si vous le pouvez, mon indignation ! Je fais arrêter de suite le défenseur officieux qui, après avoir prêté le serment de n'employer que la vérité, s'était permis d'en imposer à l'ignorance des jurés, en leur donnant comme preuve légale des certificats dix fois illégaux et annulés par le décret du 28 mars dernier.
« Je songeais en même temps aux moyens de faire traduire à Paris l'infâme Béthune, mais le jugement même du tribunal m'en dispensa. Cet ex-noble vaurien n'était pas seulement prévenu de complicité avec nos ennemis du dehors, il était aussi accusé d'émigration. Le tribunal, en l'acquittant forcément sur le premier chef, le renvoya au département pour vider la seconde affaire. Je requiers l'apport subit k l'administration de toutes les pièces; en moins de six heures, tandis que les aristocrates détenus s'applaudissaient du triomphe d'un de leurs chefs sur la justice nationale, Béthune, qui n'avait point justifié de sa résidence dans le délai
l. À Àrras, de l'imprimerie du citoyen Leducq, rue du Pas-de-Calais. Arch. dép., et greffe d'Amiens.
vonln et qui même n'avait pas encore de certificats en règle, fat déclaré émigré, jugé et raccourci aux flambeaux et aux •ris de « Vive la République » ! L'aristocratie eut un rabatjoie, et le patriotisme, qui avait frémi de rage le matin, frémit le soir d'allégresse.
« Cette journée m'a fait faire de grandes réflexions sur le danger des jurés ordinaires, quand il s'agit d'exterminer cette bande de conspirateurs de tous grades dont les départements-frontières sont inondés.
« Mon énergie s'est triplée en cette circonstance ; je n'ai vu que la multitude des scélérats contre lesquels je suis envoyé ; je n'ai consulté que ma haine immortelle pour eux, et pour parer d'un seul coup à plusieurs maux, j'ai pris l'arrêté dont copie est ci-jointe *. »
L'arrêté du 25 pluviôse donnait au tribunal criminel d'Àrras une organisation analogue à celle du tribunal révolutionnaire de Paris. Au lieu de statuer sur l'existence et la criminalité du fait imputé au prévenu, les juges ne conservaient plus dans leurs attributions que l'application de la loi pénale. C'étaient douze jurés qui, désignés par le sort à chaque décade sur la liste des soixante, tenaient entre leurs mains la vie et la mort des accusés. En apparence, le droit commun était ainsi substitué au régime exceptionnel que Le Bon avait cherché à établir le 29 brumaire ; il remplaçait même les dispositions spéciales appliquées par la Convention à certains délits contre-révolutionnaires. Mais ce retour aux garanties légales n'était que simulé ; la violence se cachait derrière le mensonge. Les jurés du tribunal révolutionnaire, en effet, n'étaient point pris, comme les jurés ordinaires, sur une liste de deux cents citoyens appelés de tous les points du département et abandonnés à la diversité de leurs appréciations et à l'indépendance de leur conscience ;