‹ Le Test Cutané d'Hydrophilie Chez la Femme EnceinteChapitre 8 sur 24 · BE ODA" C · texte numérisé non relu

BE ODA" C

Soi Er

plusieurs semaines avant que le temps de résorption le soit devenu.

Dans l’ædème de décompensation cardiaque, le temps de résorption peut redevenir normal dès la disparition des œdèmes constatée à l’élastomètre.

Donc, dans un certain nombre de cas, les résultats obtenus avec l'épreuve élastométrique corroborent ceux obtenus avec le test cutané d'hydrophilie. Ils confirment également l’observation suivante faite par différents auteurs : l’intradermoréaction à l’eau salée permet de déceler les œdèmes avant qu'ils ne soient apparents, elle permet de constater un état préœdémateux.

Dans le cas où la courbe élastométrique est revenue à la normale avant le test, il est bien probable que malgré la disparition des œdèmes, il y avait persistance d’une tendance œdémateuse, l'équilibre histhydrique n'était pas encore revenu à la normale.

Enfin, Schulmann et Marek ont communiqué le 11 Décembre 1926, à la Société de Biologie, certaines observations faites au sujet du test cutané d’hydrophilie. C'est le travail le plus récent qui existe et il présente un intérêt particulier parce que ces auteurs ont étudié l'action du système vaso-moteur périphérique sur la résorption du liquide injecté selon la méthode de Aldrich et Mac Clure. Ils ont observé les modifi-

cations apportées au temps de disparition de la boule d’œdème suivant que l’on provoque de la vaso-constriction ou de la vaso-dilatation.

Schulmann et Marek ont expérimenté sur le lapin. Ils ont imjecté à la face externe de l'oreille, à l’aide de la seringue de Barthèlemy, sept divisions d'une solution de chlorure de sodium à 8 pour 1.000 : soit environ un dixième de centimètre cube. Ils ont ainsi constaté que dans des conditions normales de nourriture et de température, la boule d'œdème a une durée assez précise et pour ainsi dire constante qui est de cinq à six minutes en moyenne; le chiffre maximum étant de sept et le minimum de quatre minutes.

Ceci étant constaté, les auteurs ont tout d’abord étudié l’action d’un vaso-constricteur et ils ont employé à cet effet l’adrénaline.

Dans la veine marginale de l'oreille d’un lapin de 2 kg., ils ont poussé lentement 0,25 mor. d’une solution d’adrénaline à 1 pour 1.000. Cette opération terminée, ils réalisent immédiatement l'injection isotonique dans le milieu de l'oreille opposée. La résorption de la boule d’œdème demandait, avant l'injection de l’adrénaline, cinq minutes pour se réaliser; elle atteint une durée de onze minutes après l'injection.

L'injection intra-veineuse d’adrénaline a donc amené un allongement du temps de résorption. Par contre, l'injection sous-cutanée de un

ET ee mulligramme d’adrénaline, réalisée à plusieurs reprises, ne donne pas de modification sensible du temps de durée de la boule d’œdème même en faisant précéder la première d’un quart d'heure, ou d’une demi-heure.

Schulmann et Marek ont ensuite étudié l'action de la vaso-dilatation et ils se sont servi du nitrite d'amyle. Sur d’autres lapins, ils appliquent à l’aide d’une compresse une ampoule de nitrite d'amyle et réalisent aussitôt la boule d'œdème. La durée est très courte : de cinq minutes avant l’inhalation, elle descend à deux minules.

« Ces expériences qui interrogent le tonus du système vaso-moteur, dans les deux sens de la vaso-constriction et de la vaso-dilatation, affirment l’action indéniable des capillaires périphériques sur la constitution et l’organisation de certains œdèmes ». Telles sont les conclusions de ces auteurs, et pour eux, les causes agissantes sont vraisemblablement multiples : la vitesse du sang est modifiée, le calibre des capillaires est élargi ou rétréci, la paroi filtrante voit son épaisseur varier, stimulant ou freinant la perméabilité de la membrane.

IL est intéressant de rapprocher les expériences de Schulman et Marek de celles des allemands Guggenheimer et Hirsch qui, eux aussi, trouvèrent un raccourcissement du temps de dis-

PR pure

parition lorsqu'on injecte la solution saline après avoir trituré la peau. Il est certain que ce fait de triturer la peau amène une vaso-dilation locale et par suite, ces expériences réalisées par des auteurs différents, avec des moyens différents, ont été cependant accomplies dans les mêmes circonstances.

La question du test cutané d'hydrophilie sera certainement encore le sujet de recherches intéressantes; Schulmann et Marek en particulier se proposent d'étudier l’action de certaines substances néphrotoxiques sur l’œdème provoqué.

Tous les travaux que nous avons rapporté sont les seuls, croyons-nous, qui aient été faits jusqu'alors sur cette question. Il nous a paru intéressant de les rassembler et de constater que les résultats obtenus par des auteurs différents sont presque toujours comparables entre eux, sont presque toujours du même ordre de grandeur, ce qui donne une certaine valeur à ce test. Il est intéressant de constater aussi que l’étude de cette épreuve, dont l’idée première revient à Aldrich et Mac Clure, a montré la complexité de la pathogénie des œdèmes et l'intervention de nombreux facteurs que l’on ne soupçonnait pas.

Mais, notre but n'est pas de discuter la valeur du test cutané d’hydrophilie pas plus que nous ne voulons rechercher son mécanisme. Nous ne voulons retenir qu'une chose qui, elle, est indis-

Page 1