‹ Le Test Cutané d'Hydrophilie Chez la Femme EnceinteChapitre 7 sur 24 · MO · texte numérisé non relu

MO

Ces mêmes auteurs signalent encore un raccourcissement du temps de résorption chez les diabétiques « préœdémateux » et dans les maladies infectieuses. Ils notent en particulier dans ce dernier cas un raccourcissement du temps de disparition proportionnel et parallèle aux quantités d’urines éliminées; ce qui indique que les variations de la diurèse, au cours des pyrexies, sont fonction des variations de l’hydrophilie tissulaire.

Depuis la publication de ce travail, la question du test d'imbibition a intéressé en France d’autres auteurs encore. MM. Noël Fiessinger, Sandor et Ollivier, dans une communication faite à la Société de Biologie le 16 Juillet 1926, donnent les résultats de leurs expériences ayant pour but de fixer, dans le déterminisme des œdèmes, la part qui revient à la membrane endothéliale séparant le milieu sanguin des espaces tissulaires. Ils ont utilisé dans ce but une épreuve qu'ils ont dénommée « le test de transsudation ». Celui-ci a pour but d'apprécier le volume atteint par un main après stase veineuse dans un temps limité. Sans entrer dans les détails sur la technique de cette méthode et sur ses résultats, nous noterons simplement que ces auteurs ont comparé chacune de leurs épreuves avec le test d'hydrophilie de Aldrich et Mac Clure tel qu'il a ét6 pratiqué par Chevallier et Stiffel, par Marcel Labbé et ses collaborateurs. Ce qu'il y a d'inté-

as en

ressant à mentionner, c'est qu'ils ont constaté entre ces deux tests un parallélisme constant. Quand le test de transsudation signale un oedème provoqué, le test d’hydrophilie se traduit par une résorplion de la boule d’œdème en un temps inférieur à quarante minutes; et, inversement quand le test de transsudation est négatif, l’élevure provoquée met plus de quarante minutes pour disparaître.

Il est intéressant de noter que cette méthode

du « test de transsudation » différente du test cutané d’hydrophilie contrôle celui-ci et confirme les résultats qu'il donne.

Le 16 Juillet 1926, MM. Pr. Merklen, Wolf et Mlle Schneider communiquent également à la Société de Biologie le résultat de leurs études faites pendant dix mois sur ce même sujet. Leurs expériences ont porté sur des néphrites chroniques avec œdèmes, sur des cardiopathies, les unes en élat de décompensation; les autres, bien que compensées ont cependant donné une diminulion du temps de résorption; sur des affections ascitogènes, des maladies infectieuses. Leurs résultats concordent à peu près avec ceux des autres auteurs : «il y a raccourcissement du lemps de résorption chez les rénaux et les cardiaques; mais, les résultats varient avec les individus, et, fait important, chez un même individu quelquefois avec le point où est pratiqué l’ex-

périence. Le raccourcissement du temps de résorption implique, en l'absence d'œdème, une tendance latente à cet œdème ».

Telles sont les conclusions de ces auteurs.

Mais, pour eux, il ne paraît pas que le raccourcissement du temps de disparition doive être seulement attribué, ainsi que le pense M. Labbé, à la « puissance hydrophilique humorale et tissulaire de l'organisme ». Le problème leur paraît beaucoup plus complexe et il leur semble qu'il intervient en outre un élément mécanique de nature hydrostatique et par suite circulatoire.

Plus récemment encore, un autre auteur américain, Kunde, a publié un travail ayant trait au test cutané d’hydrophilie et intitulé « Etudes sur l’œdème. Rapports entre les données de lélastométrie, le temps de disparition de Peau physiologique injectée dans le derme, l'analyse de l'urine et la rétention azotée dans le sang au cours des œdèmes ».

Après avoir rappelé les travaux de Aldrich et Mac Clure et ceux de Baker faits chez des enfants, Kunde a repris chez l'adulte la question des rapports entre la vitesse de disparition de la solution injectée et la présence d’œdèmes mais en substituant, à la palpation jugée trop peu délicate un appareil; l’élastomètre de Schade qui permet de déceler l’œdème là où le doigt ne le trouve pas et qui donne en même temps un graphique de

SC

l’état des téguments. L'auteur a fait dans différents cas une étude comparative entre l'épreuve élastométrique et l'injection intradermique; ces deux épreuves doivent être faites dans la même région et Kunde a choisi le dos du poignet. Les expériences ont porté sur sept cas de fièvre typhoïde où aucun œdème n'était décelable; il ne fut trouvé non plus aucune diminution du temps de disparition de l’eau salée injectée dans le derme. Chez sept femmes présentant de la toxémie gravidique aigüe avec ou sans éclampsie, le temps de résorption se trouva notablement diminué, alors que chez plusieurs d’entre elles l’élastomètre ne montrait encore la présence d'aucun œdème. Dans des néphrites aigües, le temps de disparition tombe à trente minutes au moins avant que l'œdème ne put être décelé par l’élastomètre.

Dans une série de cas de néphrite chronique avec albuminurie et azotémie, aucun œdème ne put être mis en évidence avec l’élastomètre et le temps de disparition de la solution saline se montra normal.

Kunde fait remarquer que le raccourcisse.

ment du temps de résorption de l’eau injectée précède la constatation de l’œdème à l’élastomètre. En particulier, dans la néphrite aigüe, lorsque l’œdème disparaît, la courbe élastométrique devient normale plusieurs jours ou

Page 1