ANESTHÉSIE
Pas un sou pour manger, pas un sou pour voyager - il inptait sur le salaire du lendemain 1 Que faire Il parvient jusqu'à la gare, guette un train, se faufile sans re vu dans un fourgon à bestiaux, et s'étend, brisé, sur le mier, qui lui fait une chaude et moelleuse couche, tandis e les bonnes bêtes compatissantes écartent leurs sabots ur ne point blesser ce petit des hommes, qui semble si las si malheureux.
A l’arrivée, on le découvre, on l’arrête, on le livre à la lice, et savez-vous quel est le châtiment de ce crime de
•gUe t,drLmiïeTe • " Gent francs d' amende et trois mois de <son, POUR ESCROQUERIE.
Aux yeux de la loi, le petit Jahn était déshonoré, car le
sier judiciaire porte la peine sans en marquer la cause
us devant l’éternelle Justice?..,
Trois mois de prison pour un malheureux enfant ;ropié qui voyage en chemin de fer sans payer sa trois mille francs d’amende pour un gros ancier, dans toute la force de l’intelligence et de l’âge, i abuse du mandat qui lui a été confié pour tromper ax qui ont eu foi en lui en leur présentant un faux an ! Est-ce assez joli ?
Votez bien que les magistrats de la Cour d’appel ne Restent pas la nature délictueuse des faits reprochés ^aveissière ; écoutez-les plutôt :
Jtendu qu’il résulte de tout ce qui précède, à la fois que alan n avait pas pour base l’état réel des affaires de la Soé ; qu il faisait ressortir un bénéfice inexistant, et que
t intentionnellement que la véritable situation n'a pas été osée ;
ue Pensée de ne pas fournir des renseignements exacts lotamment de dissimuler les engagements du Comptoir >ujet de la Société des Métaux était si arrêtée qu’on a eu i dans la section des « Risques en cours », à la suite du D> de ne pas même mentionner les avals donnés aux cons passés parSecrétan au nom de la Société des Métaux c rcÉBes, avals qui, d’ailleurs contraires aux prescrips es. statuts, engageaient éventuellement le Comptoir r plusieurs centaines de millions ;
Considérant que si, dans le conseil d’administration Comptoir, certains membres ont pu ignorer la vérita : situation des Métaux et le caractère factice des cours : cuivre, et admettre l’exactitude des bilans proposés, ce: erreur n’a pu être commise par Laveissière qui, en saquai: de président du conseil et de membre du conseil de directi: de la Société des Métaux, a été nécessairement au court! des circonstances ci-dessus rappelées, des embarras inexb cables dans lesquels la société se débattait et par conséqud des dangers que courait le Comptoir d'Escompte ;
Qu’au surplus, dès le mois de juin, la démission d’un ci administrateurs, donnée à raison des engagements, à h sens trop considérables, pris par le Comptoir et dissimu au conseil par le directeur — démission dont Laveissièri connu les causes — aurait dû le déterminer à cette époq: à s’opposer à la continuation de l’état des choses;
La Cour dit seulement que si Jahn, le petit estropi ne mérite aucune indulgence, Laveissière en mén
beaucoup.
11 y a lieu non seulement de ne pas accueillir l’apj du ministère public contre lui, mais encore de t faire une application de la peine dans des coni lions plus indulgentes que ne Vont fait les premic juges.
Nous allonspasser maintenant à quelques déblayag d’audience :
Hier, devant la Mc chambre correctionnelle de Paris,: s’était occupée la veille de financiers millionnaires, coin: laissaient, à la file, de pauvres diables sans feu ni lieu (i
Parmi eux vinrent un garçon de 19 ans, une vieille fem de 55, un homme d’une quarantaine d’années.
Le garçon avait volé un pâté d’un franc à l’étalage ci épicier. Il était sans pain depuis trois fois vingt-quatre heu i Il a été condamné à 15 jours de prison.
La vieille femme avait été trouvée une nuit dormant suit quai, et s’était écriée, en réponse aux agents qui i’avaienh
(1) Eclair , 3i mai 1800.
aillée : « Laissez-moi tranquille, occupez-vous des voleurs
fea,me’ seuIement * - - p- «à
L homme était allé au poste, disant : Menez-moi au Dépôt e n ai pas mangé depuis hier, je n’ai plus de logis, il ne me este p us un sou. » Il avait déjà été condamné jadis pour £! abondage On lui inflige 15 jours. Alors, irrité, il s’écrie *
Cochons. », et 2 ans pour outrages à la magistrature ajoutent aux 15 jours. ° e
N oubhons pas non plus les deux frères Henri et oseph Vandeputte, des ouvriers parisiens. Au mois de lai dernier ils suivaient un sen tier à Bourg-la-Reine • ils perçoivent quelques branches de seringa qui passent ar-dessus le mur d'une propriété, ils les cueillent pour
a tfedUr\ °UqUf 6t raPP°rter dans leur mansarde ên ri 97 a Veil re Pari,umée das champs. L'aîné,
2, ’ 5 anS’. ®st ,condamné à six jours de prison ; le Ldet, 1 7 ans, a trois jours !
A tout seigneur tout honneur : Rothschild, comme
‘ touchedaUtrnfoiS’a,ledr0it de haute jusUce- Quand ■ a ses fleurs il condamne les gens à mort et il
1 lait tuer.
Qui de vous n’a lu, avec un serrement de cœur, l’hisre de ce malheureux sur lequel, le 27 mars dernier a tire impitoyablement parce qu’il s’était introduit ns la propriété deJVI. de Rothschild à Boulogne?
. homme était sans travail, les siens avaient faim et, j ’ l s(-fii,sst!L dans le parc seigneurial pour y cueil-
is auxerîalîeSs.de magn°lia qui se vendent quelques
/0"1.VTZ leT conh-asle d’ici. Voilà des étrangers , ortis d une Judengasse de Francfort, ont réussi à ndre trois milliards aux Français. Us ont ramassé e so une gerbe d épis d’or si lourde que leurs ne la peuvent étreindre. Ils ont tout, ils peuvent sae leurs fantaisies les plus extravagantes, ils peuvent
le testament d’un antisémite
acheter tout ce qui leur fait envie, les chefs-d œuvre c l’art, les merveilles du passé, les filles les plus jeun<
et les ministres les plus vieux.
Franchement, quand on a tout cela, est-ce qu on r devrait pas être pitoyable pour le pauvre here, poi le traîne-misère qui se permet de dérober quelqm
fleurs poussées sous le soleil de la France ? a
Non. La consigne est formelle; le garde était sur ( faire plaisir à Rothschild et d’avoir une bonne recor pense en tuant « un chien de Français ». Il fit leu et Français, un nommé Laval, un ouvrier marié, parvint faire encore quelques pas, puis il tomba pour ne plus ; relever. On le retrouva mort le lendemain sur le bo de la Seine, en face de la propriété de M. de Rothschit àRoulogne...
Il y a un an, un maraîcher d’Argenteuil tua un rode qui lui enlevait ses asperges ; il fut mis en prison i comparut en cour d’assises. Tout en restant très bt mable, l’acte de ce rural exaspéré était néanmoins pu excusable que l’autre. Ce paysan avait semé lui-mêr: ses asperges ; il avait eu de la peine à les faire pousse et il en vivait. Je vous demande le mal que peut causi à des milliardaires le vol de quelques branches de n-
gnolia? . ,
Séguy, le garde du baron de Rothschild, n a pas i
une heure de prévention, il n’a jamais été jugé et, qua. il est venu déposer comme témoin, il n’a pas eu à su le plus léger blâme du président. Le fait, cependa ressemblait à un assassinat pur et simple. Il n’est nul ment démontré, en effet, que, dans une propriété où domestiques sont nombreux, ce garde fût en péril pi| qu’aucun des rôdeurs n’était armé et qu il a tiré prd sèment sur celui qui fuyait et qui, par conséquent, ni menaçait pas.
Pas° un seul de ces députés républicains qui tonn: chaque jour contre les crimes delà féodalité n’a soûl mot de cet incident à la Chambre. On comprend, d’ leurs, que ce n’est pas Laguerre qui, après avoir r;
un fort subside des Rothschild, aurait pu lever ce lièvrela. Quant aux catholiques de la Chambre, il leur semble tout naturel qu on tue une créature humaine pour une aeur, lorsque cette fleur appartient au baron de Roth!
. 0n a b>en raconté à ces gens-là que l’antiquité avait
1e mépris de la vie humaine et que le Christ était des cendu sur la terre et avait souffert un supplice tnom -' meux, tout exprès pour attendrir les cœurs et rendre les iommes moins durs, mais ils n'ont pas très bien com!
Quoique les deux actes soient également abominables avoue que je préféré encore Pollion faisant jeter aux nurenes un esclave qui a brisé un vase précieux à Rothschild taisant tuer un citoyen français pour miel
.eutêïe1''uned’cobre' U T* bliSé par* rescIave «ait
eut etic une coupe myrrhme d’une incomparable
u de P°r!xffèllq e! de L^PPe, de Scopas
ae Fraxitcle et la colere de l’amateur d’art peut
on pas excuser, mais faire comprendre cette mons’
ueuse cruauté. Quelle excuse trolivez-vous au meurtre' e ce malheureux Laval? au meurtre
ün mois après, àquelques pas de l’endroit où l’homme venu expirer, un autre Rothschild donnai! un
J' UM fête L°UiS XV dans ^m!
* Fne ferme’ vous m’entendezbien, s’écrie le Gaulois fermeavec veau, vache et couvée. Oui-dà une ferme’
“ J ai ajouté : dix-huitième siècle et l’on ne mal
T daDS Une ferme dix-hub ncret!» Y ® Ch°Se qUe des Watte«i et des
ES dese!n^!SCriPti°n 0bHSat0ire d6S bibelots ct
^bronnUeédebR0nne ^ M°hrenheim- comtesse Horronn!!! , u yenf’ comtesse et marquise de La
’sse dë nndU?heSSuideLuynes,duchessed’Uzès, duoudeauville, duchesse de Maillé, princess
le testament d’un antisémite
de Ligrie, princesse Radzivill, comtesse Greffülhe comtesse de Riancey, comtesse de Kersaint, marquise d’Hervey, comtesse de Monteynard, vicomtesse d< Trédern, marquise de Mortemart, Comtesse de Cara
Tous devinez l’entrain glacial de cette fausse ker messe où se rencontrent des gens qui detestent le Rothschild plus que nous ne les détestons nous-memes mais pour des causes infiniment moins nobles. \ou voyez aussi le côté grotesque de cette fête Watteau Boulogne, au pays des blanchisseuses. ^
Heureusement qu’il y avait là des tirs a la carabin et au pistolet. « Les femmes, nous dit Meyer, n y etaier pas les moins adroites. » Les Rothschild ont pu Jeu montrer comment on abattait un chrétien lorsqu il s av sait de dérober quelques brins d’herbe...
Imitons Carlyle. « Faisons une pause en silence | en douleur sur les ténèbres qui sont dans le cœur c l’homme. » Tous ces gens-là, en effet, sont destinés finir mal ; les uns sont trop scélérats et les autres soi.
vraiment trop bêtes...
Ceux qui étudieront nos livres plus tard y trouverot un document qu’aucune époque ne nous a légué da; de semblables conditions : la phase ultime d une sciété saisie en plein travail de dissolution, un monde » quelque sorte photographié dans les spasmes de si agonie. Ils seront frappés de ce fait que cette œuvre désagrégation de tous les éléments qui constituent ut nation s’opère sans que personne y prête attenta L’anarchie s’est installée dans ce pays comme la m s’installe sur la terre, sans qu’on s’aperçoive du momu
où il a cessé de faire jour.
En dehors de phrases déclamatoires, il n’y a rien J ressemble à une société dans le sens qu’on donnai ce mot autrefois. Un pacha d’Orient ne disposerait ]* du droit de vie et de mort avec le sans-façon a montre le Président de la République en France.
Un nommé Bousquet, un huissier, c’est-à-dire un homme d une certaine éducation qui le rend dit! ♦ responsable, viole sa belle-sœur et abandon™ r ‘
E ,T*r“ Tte
tence honteuse, la malheureuse «Vnfnit + 6
place de servante; Bousquet la découv e 7^?° de revenir avec lui, il l’assassine ; il assassiné ensuUe un avocat, un pere de famille, M. Pag-nv oui éf-u't T , ment étranger à l’affaire et qui avaU seulement' te malheur de prendre la femme de Bousquet à™ „ Ser!
Les députés de Marseille qui avaient fait paraît il
ipres boire, sans qu’on sache au juste celui oui n ^ nencé. Finalement l’individu Pj . • t , q COm'
se fa r l'i aIlpr,Crj‘lre’ dlt"on au ministère de la Justice'
, p/ f delendre Par un avocat conservateur..
aieux" jou“eila tête d'3 COndif>M’ ne vaudraît-il pas écarté? (1) d Un condamné en cinq sec à
évation à la^ideace delà r/' hr"513^6 M’ Carnot lunaires s'est chargé de nous ï f*' Le Journal ies Ff>nc »« «tait hâté d'oublieV TB0„ZnrT T ie n°UVeau Prési- Puté; il laisse poursuivre sans^Uié « r be^ux .sentiments du ;uéesaux œuvres de Charité, if fait remise*^1 ;antl°nsfT'e.I^ieuses «On1 10nnail-e deS sommes qu’i! doit à l’État U1 Ciuquante
sâ-r
'usations portées rontrp r3ri„- c°mment une des graves
hement de l’émofinn nmd, tvy> avocat* Ou se souvient K et à la ChaXrdePs tmé!.*' “S ré''élali»- dans le
222 LE TESTAMENT D’üN ANTISÉMITE
Quant au Juif, il a trouvé moyen de se faire faire un code pour lui tout seul. Mary Raynaud spécule et perd l’argent de ses clients ; il est condamné à trois ans de prison. Léon Rodrigues se livre exactement aux mêmes opérations, il fonde une Banque gènévale des Primes ; il attire les gogos avec un journal à un franc par an, la Bourse pour tous , et le Juif, défendu par son coreligionnaire Seligman, s’en tire avec trois mille francs d’amende.
Le tribunal pousse le cynisme jusqu’à reconnaître qu’il y a eu réellement escroquerie, mais il ajoute qu’un Juif est au-dessus des lois.
En ce qui concerne les délits d’abus de confiance et les escroqueries relatives aux opérations en participation sur la rente française 3 0/0 et à l’opération dite secrète :
„ Une enquête parlementaire eut lieu. M. Philip on, député, fu chargé du rapport au sujet de l’affaire Dreyfus. A la date di 15 décembre 1887, il établissait que l’enrégistrem ent avait ave* raison perçu une somme de 75,000 francs sur Pacte de société ei participation formée entre MM. Dreyfus et la Société général* pour l’exploitation du guano du Pérou ; que le ministre avait, < tort, sur les instances de M. Wilson, ordonné de sa propre autorit la restitution des 75,000 francs et qu’il aurait dû laisser lajustic* se prononcer. Sur la proposition du rappo rteur, la Chambre de députés enjoignait, à l’unanimité, que l’allaire fût reprise et quun
décision judiciaire fût provoquée.
» Depuis trois ans, qu’a fait l’enregistrement pour obéir aux vo lontés de la Chambre? Qu’est-ce que M. Tip haigne a ordonné?E qu’a bien pu faire le service de l’enregistrement de la directioi de Paris? Rien, rien, rien. MM. Dreyfus frères n’ont pas revers les 75,000 francs et refusent de payer, n’ayan t rien à craindre aucun mémoire ne leur a été signifié, et l’affaire n est pas encor inscrite, après trois ans, au rôle de la cham bre du tribunal civil d la Seine. Et cependant, ce n’est pas l’incertitude de la décisio future qui puisse arrêter; depuis longtemp s déjà la Cour de Cas sation a donné gain de cause à l’administration de l’enregistre ment dans des affaires semblables.
» Eu 1837, M. Tiphaigne était directeur général quand 1 Chambre a ordonné les poursuites ; et c’est lui qui a reçu h injonctions de poursuivre. . >
» Il est encore directeur aujourd’hui, et, depuis trois ans, il n
rien fait. »
Attendu que la prévention n’est pas suffisamment établie, 1 envoie Rodrigues des fins de la poursuite ;
Mais, attendu qu'en se faisant remettre pour de prétendues opérations à la hausse en bourse, au comptant et à terme sur le Panama, des fonds, valeurs mobilières, obligations, billets ou oromesses par divers, Rodrigues a commis le délit cV escroquerie ;
Attendu les circonstances atténuantes résultant de ce lue les clients de Rodrigues étaient tous des spéculateurs... «
Par ces motifs, le tribunal condamne Léon RodrLues à rois mille francs d’amende.
, Jamais, il y a dix ans seulement, un tribunal français l’aurait osé rendre un jugement d’une si abracadabrante fantaisie. Jamais on n’eut songé à injurier les ictimes pour se dispenser de punir le coupable. Le ribunal constate qu il y a eu violation d’une loi morale ue les lois sociales sont chargées de faire respecter, -ette violation doit être châtiée pour elle-même et sans u’il y ait lieu de s’occuper de ceux aux dépens desuels ce fait délictueux a été commis. Dans ces condions on pourrait parfaitement acquitter des Pranzini t des Prado en constatant que celles qu’ils avaient ssassinées avaient eu le tort de se livrer a la prostiition.
Cette existence d’une justice différente pour les Juifs
pour les Chrétiens s’affirme du reste à chaque ins-
nt.
Tous les journaux ont mentionné la condamnation du arquis de Salaherry, un propriétaire de Loir-et-Cher, s était permis d’écrire au procureur de la République : Blois : « Maintenant la justice est relative. » Il fut ndamné pour ce fait à deux mois de prison qui, sur n opposition, furent réduits à vingt jours.
Dans le procès de la Ligue des Patriotes, Naquet dit ses coaccusés, en se tournant vers le substitut Lomrd : « Laissez baver ce monsieur ! »
Jamais Naquet n’a été poursuivi.
Dans son réquisitoire, M. Gonthier, procureur de la
224 LE TESTAMENT d’üN ANTISEMITE
République à Blois, dont je ne m’occupe qu’au point de vue de ses fonctions, eut l’aplomb de s écrier.
— Sachez, monsieur de Salaberry, que la justice est égale pour tous, et si vous n’êtes pas habitué à cette égalité, vous servirez d’exemple et vous n’aurez pas à vous étonner que la loi vous atteigne... Laissez-moi donc vous exprimer le regre qu’un homme dans votre situation ne donne pas exemp du respect dû à la justice. Vous êtes beaucoup plus coupable vous un homme intelligent et instruit, que ne le sont les vaga bonds qui injurient la magistrature (1).
Devant un tribunal, un magistrat peut tout se per mettre, mais si j’avais le plaisir de rencontrer M. Gon thier dans un salon, je né crois pas quil oserait m soutenir sérieusement que « la justice est égale pou tous » Il n’y a évidemment aucune proportion entre 1 fait de dire que « la justice est relative » et l’mjur grossière qui consiste à affirmer, en pleine audience qu’un magistrat « bave ».
M. Gonthier, qui est peut-être un homme d espn me dirait tout simplement ce que m’ont dit en tête tête beaucoup de magistrats : « Quand un Juif est e cause, la Synagogue intervient immédiatement et noi recevons des ordres directs ; nous ne pourrions passe, outre sans briser notre carrière. (2) »
Le seul mot juste qu’il ait été dit depuis longtem] sur cette situation est le mot qui revient sans cesse dai les articles pleins d’une douce philosophie de M. Franc
(1) Lanterne, 15 octobre 1890.
(2) Devant les tribunaux actuels tout dépend absolument de. personne en cause, de ses relations, de ses protections, et > magistrats sont les premiers à rire de l’extravagance de leurs jup menls. Est-il besoin de rappeler l’incroyable arrêt de la Gourd// pel acquittant M. de Labruyère et condamnant Mm<
et M. Grégoire absolument pour le même fait, dans la me
affaire?
Magnard, ce mot qui ravit tant de gens parce qu’il répond aux perplexités vagues de leur intelligence, aux timides protestations de leur conscience :
« Gela va tout de même ! »
Si beaucoup de rouages sont cassés, si l’appareil rend un bruit de ferraille, la grande roue tourne toujours. Cette constitution de l’an VIII, que Taine nous montre à son premier fonctionnement dans son plus récent volume, a été installée par une main si puissante qu’elle dure encore.
L’organisation actuelle a, d’ailleurs, cette force pour elle qu elle ne peut être ni restaurée ni améliorée il faut la jeter bas ou s y abriter comme on peut.
Ou voulez-vous qu’une idée élevée puisse' prendre appui dans une société aussi pourrie ? Essayez de planter un clou dans une masure lézardée et rongée par 1 humidité et le salpêtre, vous n’y réussirez pas ; en enfonçant le clou vous ferez tomber des monceaux de plâtras et votre clou ne tiendra jamais.
Vous l’avez vu par la Presse, vous le voyez par la Magistrature : tout ce qui est Autorité intellectuelle et sociale est impuissant, corrompu, hors d’état de rendre mcun service à la collectivité. La domination de Argent est absolue.
Les membres de l’Académie française ont élu M. de ^esseps en échange d’une distribution d’actions de . anama que, je l’espère pour eux, iis auront eu la >onne idée de vendre avant la débâcle. L’Académie des eaux-Arts a pris Rothschild. Au mois de juin dernier Académie des sciences nommait le Bischoffsheim enichi par le Honduras et un journal allemand nous a
onne le prix de l’élection. C’est moins cher qu’un cquittement.
Ici encore pas le moindre doute possible. Bischoffsheim, ui ne possédait aucune espèce de titre scientifique’ vait pour concurrents des hommes éminents : le one Laussedat, directeur du Conservatoire des arts me îers, M. Lauth, ex-directeur de la manufacture
de Sèvres ; le docteur Rochard, membre de l’Académie de médecine ; M. Rouché, géomètre.
Il y avait 68 votants ; au premier tour de scrutin, M. Bischofîsheim a été élu par 37 voix contre 14,1 au docteur Rochard, 13 au colonel Laussedat, 2 à M. Rouché et 2 bulletins blancs.
« Je suis une colonne d’or, aime à répéter Bis-
choffsheim, je me laisse gratter. »
Les académiciens ont gratté la colonne et, au savani officier, au médecin estimé ils ont préféré l’homme qu payait bien.
A un critique de premier ordre comme Brunetière à M. Thureau-Dangin, l’auteur d’un livre un peu polironesque, mais intéressant: L'Histoire de la Monarchie de Juillet , l’Académie française préfère un homm< comme Freycinet qui a chassé de leurs cellules les reli gieux de cet ordre de Saint-Benoît qui a sauvé le Lettres au Moyen Age. Il avait été l’hôte de ces brave gens au temps où il recherchait la protection de doi Guéranger, il les a récompensés en leur envoyant lui même les gendarmes lors de la seconde expulsioi quand il était président du Conseil ; aujourd hui encor les Pères de Solesmes sont contraints de vivre dis persés dans les maisons du village sans avoir le droi d'habiter la maison qui leur appartient.
Voilà les nobles exemples que l’Académie propose i notre admiration !
Nous n’avons, du reste, qu’à suivre dans la vie no camarades arrivés pour connaître au juste la fierté in tellectuelle, la dignité de caractère des hommes qu vont servir de guides à la nouvelle génération.
Voilà Lavisse sur le seuil de l’Académie. Cette fois en bon courtisan, il s’est effacé devant Freycinet, mais entrera la prochaine fois. J’en suis ravi ; c’est un d mes condisciples, il était à Charlemagne avec moi sou Boissier ; il a une claque bien organisée dans la Presse c’est le favori de la jeunesse et, au dire d’un certai cénacle, il travaille ferme au relèvement de la Patrie.
Avant de songer à relever la Patrie, Lavisse aurait mieux fait de ne pas se laisser tomber lui-même Ses livres, en effet, ne donnent point l'idée d’un homme qui ,e respecte beaucoup. C’est un disciple du Juif Giedrove ?ui remaniait les fables de La Fontaine à IWe des icoles laïques et qui, à ces vers trop cléricaux :
Petit poisson deviendra grand Pourvu que Dieu lui prête vie,
ubstituait ceux-ci :
Petit poisson deviendra grand Pourvu qu’on lui laisse la vie.
Dans es premières éditions de son Histoire de
Tw ^ c36 aVa!‘ éCri‘ à pr°pos de Napoléon • L orgueil a fini par le perdre ; il a été l’artisan de sa
ropre ruine et, après tant de victoires et de conquêtes
a laisse la France plus petite qu’il ne l’avait trouvée’
i ntrant ainsi qu une nation commet une irréparable
Ote quand elle s’abandonne à un homme, alors même
ie cet homme a reçu de Dieu le don du génie (1) »
A partir de la vingt-quatrième édition, Lavisse a bien
” !a phrase’ mais ü a Dieu ; il a mis sim-
'nie (2) 01SQUUn /l0mme « reçu le don du
Il faut vivre à notre époque pour voir d’aussi étonnts exemples de bassesse intellectuelle. Sans doute
q dr°“ f8 natWe’ d’explicIuer le hasard i0ine du monde, de rester indifférent à ce surnatu-
qui nous enveloppe de tous côtés, mais que penser ■n écrivain qui rature Dieu de sa phrase pour plaire n ministre de l'Instruction publique?
) La Première année d> Histoire de France avec récits nar est Lavisse (librairie classique Armand Colin, page 3io)’
nce^wu*119* (anaenne Vernière année) d’ Histoire de
Avec Bar doux, qui est un homme conciliant et doux il y avait encore un Dieu. Avec Lockroy,iln’ya plus d<
Dieu du tout. ...
Remarquez que celui qui témoigne ainsi aux maître
du jour une servilité qui sent un peu le pied plat, n es pas un pauvre diable crotté, c’est un mandarin umver sitaire ; il est agrégé d’histoire, docteur ès-lettres maître de conférences à l’École normale supérieure professeur à la Faculté des lettres de Paris ; il a tous le boutons duTchnin, le bouton de jade et le bouton d lapis-lazuli ; il est, commé Gréard, palmé de violet, d< coré de rouge, il sera bientôt habillé de vert; il voyag à l’étranger pour représenter la jeunesse et il se donné pour spécialité de travailler, comme dit M. c Vogué, « à refaire une âme collective à la France ».
Vous voyez ce gros personnage littéraire, s’en allai, au ministère de l’Instruction publique demander à va* Bobèche, qui remplace Salvandy, Guizot et Cousin.. Bobèche n’y est pas; il est en train de négocier un affaire avec son ami Mayer, de la Lanterne. C’esti l’huissier du cabinet que Lavisse s adresse .
— Pensez-vous que j’aie le droit de prononcer !
nom de Dieu?
— Gardez-vous-en bien ! Dieu ! nous ne voulons pl> de ça ici...
En feuilletant les livres de Lavisse, on y trouvera encore plus d’une preuve de cette mâle vertu qui covient aux éducateurs chargés d’apprendre à nos enfarï à être des hommes.
Quoi de plus poétique, même humainement parlai, que cette figure de sainte Geneviève qui apparaît i l’origine de notre histoire, comme dans une clarté d arore ? Quoi de plus propre à frapper les jeunes imajnations et à élever les âmes que la vision de cette Ingère animant de sa foi dans l’avenir cette petite Lutè: qui sera le grand Paris ? Quelle plus touchante statue faire saluer par les enfants, au moment où ils vont entn dans cette histoire de France où la Femme, qu’elle pi=
ANÉMIE — ANESTHÉSIE — ATAI1AXIE 229
comme Geneviève, ou qu’elle combatte comme Jeanne d Arc, a joue toujours un si beau rôle ?
Lavisse avait compris cela, et, dans les premières
S-mà sa:rBohèShCré.qUeIqUeS ^es à sainte
vieve, mais si Bobeche n aime pas Dieu, Goblet n’aime pas Jes humbles filles du peuple qui font leur prièreTn travaillant. Si sainte Geneviève avait vécu de son ternes il 1 aurait fait tuer comme Henriette Bonnevie la douce orante de Châteauvillain... Lavisse a donc ISevé sainte
Genevieve de son livre et l’a remplacée par autre chose.
Quel piquant chapitre à écrire sous ce ti tre * La Ber gere et le Lettré ! ' ^ a
La Bergere n’a pas ouvert beaucoup de volumes elle lit seulement au grand livre de la Nature, elle apprend a connaître Dieu en méditant toute seule, au milieu des champs sur les splendeurs de la Création et la magnificence des cieux. Quand le péril est là, quand on°en-
r|e?,nans e 01ntairi' le ljru't formidable des hordes
“lie obéit à r mS l6 t0ire des bandes anglaises, 7e obeit a 1 inspiration de son bon petit cœur ingénu 3t vaillant et elle sauve la Patrie... °
Le Lettre a une bibliothèque dans le cerveau il a lu ■ou ce qu ont écrit sur l’héroïsme les rhéteurs de tous es temps à Rome et à Byzance, et à Rome comme à Byzance il est toujours le même, lâche et trembleur vant les tyrans, quelque vils que soient ces tyrans eci n empêchera pas les journaux de trépigner d’enhousiasme le jour de la réception de Lavisse.
Vous entendez d’ici un académicien, qui sera neuf foe M. deBroglie ou M. de Vogué, dirl au réd%Î-
Ie ’ “ Monsleur- ^ que l’Académie honore en vous ujourd hui, ce n’est pas le talent, quoique vous en avez
“if Cetniest.Pas éloquence, et l’on sait cepenant quelle est la votre, c’est... » 1
hT°mme V, SaU dire prend généralement un j P '" Les auditeurs, qui retenaient leur souffle r ne rien perdre des paroles de l’orateur, en pro-
230 LE TESTAMENT d’üN ANTISEMITE
fitent pour soupirer soit par en haut, soit par en bas. Au bout de deux secondes on termine en disant : « C’est le caractère. »
Les journaux constatent le lendemain que 1 assistance s’est livrée à des transports frénétiques.
Toutes ces cuistreries déclamatoires reposent, en effet, sur des ligues d'admiration mutuelle; ces gloires artificielles sont comme la raison sociale de syndicats où tout le monde se fait la courte échelle. Il n’est même pas permis de plaisanter de ces groupes, où des jeunes gens, fort entendus déjà à la diplomatie de la vie, préparent leurs succès à eux-mêmes en travaillant à celui des chefs. Barrés, dans un article plein d’humour, s’étant permis de sourire de l’Association des étudiants et, je le crois bien, d égratigner un peu Lavisse, reçut une missive fort verte d’un M. Gustave Laurent, qui n’admet pas qu’on touche à l’idole...
Cette platitude d’un écrivain occupant une situation assez haute pour avoir quelque respect de lui-même et supprimant le nom de Dieu d’un de ses livres, uniquement pour flatter les vilaines manies de nos gouvernants, ne choque pas les étudiants qui appartienent aux générations nouvelles. Pour ces struggle for lifeurs de l’avenir, c est de 1 habileté tout simplement. Le temps est passé où le fait d’avoir été à Compiègne suffisail pour exciter contre des professeurs comme Nisard les manifestations d’une jeunesse ombrageuse sur tout ce qui touchait à l'indépendance intellectuelle.
Aujourd’hui les professeurs peuvent aller faire des courbettes devant l’Impératrice d’Allemagne sans que nos jeunes décadents songent à protester.
Je vous engage à lire à ce sujet, dans les Essais sur V Allemagne impériale, de Lavisse : Y Invasion dans le département de V Aisne. Cette monographie, très fermement et très sobrement écrite, est un excelleni chapitre de cette définitive Histoire de la guerre de 1870-71 qui reste encore à faire.
ANÉMIE — ANESTHESIE — ATARAXIE 23 î
L auteur raconte là les traitements sans nom crue les ’russiens firent subir aux populations inoffensives les jriures des malheureux otages pris dans chaque locate et enfermés dans la citadelle d’Amiens. Les recrues
ui armaient d Allemagne étaient désolées de ne pas
icore avoir tiré i sur un Français; pour les consoler, i leur donnait à fusiller des infortunés coupables seumeiit d avoir essayé de protéger leur bien, et on forut les otages à assister à l’exécution.
Un vieux commandant prussien retraité, « qui avait pris du service comme geôlier », commandait la citadle. Il alla, nous raconte Lavisse, jusqu'à imaginer i donner aux otages le spectacle d'une exécution uitaire , pour leur rendre la prison plus odieuse, n commerçant, très estimé dans Amiens, s'étant nse de def èndre son magasin contre une troupe Allemands qui s'étaient mis à le piller par partie ' plaisir , avait blessé un soldat à la main; il fut sille, sous les fenêtres des otages , par de jeunes laat s qui arrivaient d'Allemagne et qui tiraient leur premier coup de fusil.
On n est certes pas obligé de parler de la Revanche .ou propos et, pour ma part, je n’ai jamais donné e note là,. Mais franchement, quand on a nos âges, on est dans les quarante-six ans, quand on a vu les lissions chez nous, il faut avoir l’àme bien abjecte ir aae?r> aîors que rien ne vous y force, se prosterner yant 1 Impératrice d Allemagne. Il faut aussi qu’un uesseur méprise bien la jeunesse actuelle, la jeunesse irgeoise, qu il soit bien sûr que toute énergie virile morte en elle pour oser remonter dans sa chaire,
^es une pareille démarche.
>oyez certains, malgré tout, que Lavisse sera acclamé tous nos jeunes « fin de siècle ». Pauvre Nisard! Il mort trop tôt, il aurait été bien vengé en voyant œuvre la génération opportuniste qu’il est juste ne pas confondre avec les travailleurs honnêtes Uuai tier-Latin, qui sont tous antisémites, et qui
232 LE TESTAMENT d’UN ANTISÉMITE
nous témoignent leur sympathie en toute occasior
Le scandale du mariage civil du fils de Daudet vou est, d’ailleurs, une excellente occasion de voir clai dans l’âme d’un grand lettré de la fin du dix-neuvièm siècle, de savoir bien exactement l’idée qu un écrivai illustre se fait de ces questions religieuses qui,àtravei les âges, ont intéressé et passionné les plus noble osprits de l’humanité.
Il suffit de lire Dernière Bataille pour connaître le sentiments que j’éprouvais pour Daudet. J'ai été poi lui, comme pour tous ceux que j’ai aimés, un ami üdè et dévoué, et j’ai souvent prêté à rire par l’ardeur n peu naïve avec laquelle je le défendais en toute occi sion : il m’a fait une petite traîtrise dernièrement, et, ne lui en veux pas, puisque cela me permet de parl< de lui librement. Il y a trois personnes à Paris, en efîe qui riraient bien si Daudet s’avisait de prétendre qi c’est moi qui ai été ami déloyal et perfide. Quant à Presse républicaine, elle est prête à soutenir cette thèS' c’est une prostituée vendue d’avance à qui lapaye.
Le point à voir tout d’abord, c’est que ces gens q. affichent devant tout Paris le mépris de l’Église r sont point du tout anti-chrétiens ; dans ce cas-là, :» seraient absolument en droit d’affirmer leur opinion.
Le père de Daudet était un royaliste convaincu ; i mère, brave et digne femme s’il en fut, était une cathlique fervente comme il y en a tant dans le Midi ; eh est morte le chapelet à la main; la sœur de Daudet es, elle aussi, une catholique pratiquante. Le plus jeun fils de l’écrivain, ce gentil petit Lucien, qui a l’air i distingué et si doux, est élevé dans un établissent religieux, à l’école Bossuet; il suit les retraites n Saint-Sulpice ; sa mère l’accompagne et, pour l’aide, prend des notes sur le sermon avec cette tranquille t souriante bonne grâce qu’elle met dans tout. J’ai coduit moi-même Lucien à la messe et j'ai été édifié p’ sa bonne tenue.
J’ai connu Léon Daudet à peine adolescent, je i
i fait répéter ses examens pour le volontariat dans 3s bois ; j’ai vu grandir cette intelligence. Je lui ai emandé bien souvent des renseignements sur le vocaulaire médical, et j ai été étonné de la précoce lucidité 'esprit de ce jeune homme qui, s’il avait voulu traailler, aurait eu les intuitions philosophiques de son ère avec les avantagées d’une éducation plus rigoureu- 3ment scientifique; jamais, en revanche, je n’ai décou- ®rt chez lui l’ombre d’une hostilité contre la Religion. L’émouvant, justement, ce qui donne bien l’idée de avachissement général, est de voir ces gnns-là renier ; Dieu de leurs pères publiquement, cyniquement evant tout le monde, uniquement parce qu'il y a une rosse dot : trois millions ! Cette pensée modifie toutes s conceptions. L adolescent aux cheveux bouclés de idis se révèle sous l’aspect d’un Paul Astier, et la mille jette tout par-dessus bord : traditions, croyances, mvenirs.
Simon, dit Lockroy, entre en scène. Dans cette mai- >n, où tant d’hommes de mérites divers ont passé, j’ai îtendu vingt fois Daudet traiter de Queue rouge et de aillasse ce camelot qui a vendu de la politique comme s pareils vendaient des cravates sous les portes •chères. J’ai entendu ving-t fois raconter l’histoire de • fiacre aux stores baissés que les agents f] rent arrêter ut à coup et qui, il y a une quinzaine d’années, Jraya pendant huit jours la chronique parisienne.
C’est devant ce youpin, devant ce fils de cabotin êun écrivain comme Alphonse Daudet capitule ! L’auur du Nabab a raillé sans pitié cet homme d’Etat de .ute allure qui s’appelait le duc de Mornv et qui avait 3 le protecteur de sa jeunesse, il se vautre devant ce irlupin dont la face blême porte la trace de tant de ufflets.
Dans toutes les histoires relatives à ce mariage, vous "voyez pas figurer une seule fois le grand romancier nt l'œuvre, après tout, est belle et glorieuse. C’est mèche qui est toujours en vedette; c’est lui qui écrit
aux journaux ; c’est lui qui se permet de faire intei venir le nom de Mmô Carnot que la plus simpl pudeur devait lui interdire de prononcer; c’est lui qi organise ce tralala ridicule de la mairie, cette parad théâtrale et mélodique qui aurait excité toutes le ironies de Daudet, s’il s’était agi d’un autre.
S’il s’était agi d’un autre... je nous vois avec Daude à Champrosav ou dans mon jardin de Soisy faisar une bonne partie de rire, comme nous en avons fa parfois, et nous forçant dé ce Jeanfesse, possédé d'un sorte d hystérie de réclame et qui veut à toute fore obliger une baptisée comme Mme Carnot a assister une comédie laïque, alors qu’elle n’a de relations av€ aucune des deux familles.
Notez que ce Simon n’a aucun titre pour parler, n’est le père de personne là-dedans, heureusemei pour le nouveau couple. Il s est introduit par surpris, dans la famille de Victor Hugo au grand désespoir d vieux poète qui avait pour ce galopin une répulsio presque physique. Le testament de Victor Hugo attesi la persistance de cette aversion qui était connue c tous. Victor. Hugo a pris ses précautions pour emp< cher Lockroy de mettre son nez dans la publication c ses manuscrits; il n’a laissé à Mrae Lockroy que c qu’il ne pouvait pas lui enlever : une pension de si mille francs sur un héritage de près de sept million! Dans ce mariage, il était le premier invité, voilà tou
Encore une fois, l’aplatissement de Daudet devai un pitre pareil vous montre où en est l’àme d’un letti
de ce siècle.
Dans l’âme de cet écrivain qui a tenu une place cor sidérable dans la littérature française, vous ne trouver! aucun de ces généreux sentiments qui sont l’honnei des hommes... Il n’a nulle reconnaissance envers Die qui l’a comblé de bienfaits, qui lui a donné le bonhei domestique, le talent, le succès, la fortune ; il ne s croit obligé à aucun devoir envers lui. Il ne songe poin
m plus, à défendre contre un Lockrov les traditions ; sa race ; il n’a point l’attachement pieux aux rites qui
fidém?^^»6 - T SIfnS da‘1S la vie et dans la mort ■ f dehtb de stricte decence même à cette Religion à
quelle a cru sa mère couchée maintenant dans la
mbe. Il ne se dit pas davantage que le rang qu’il
cupe dans le monde de la Pensée lui a conféré une
rte de fonction sociale, que son exemple aura de
fluence sur d’autres êtres, qu’il va froisser des
oyarts, enlever encore un peu de leur foi religieuse
efmipeSH eri'teS qul SOnt heureux de se rattacher à e que ^eal pour ne pas désespérer au milieu des
reuves de la vie. Non, il est hypnotisé par le beau
uia0e, ce mariage de trois millions et, un peu à
atre-cœur, il en passe par où l'on veut... P
Tous ceux qui jouent un rôle dans cet épisode « bien
bedVfrpP°Ur TpI°yer le mot consacré, valent la me a etre regardes.
Connaissez-vous plus antipathique créature que cette
me mariée qui débute dans la vie par une manhesta-
n scandaleuse ? Elle a vingt-trois ans, l’âge où l’on
at a Dieu comme à l’Amour, à la Poésiei à l’Espé-
EUe’. non Plus> ne se dit pas qu’il y a de pau-
: ‘ P qu;.u ?.nt pas trois millions, qui s'ont placées
hi“P 1 UÜOn °‘ la Falm et qui ont besoin qu’on
nnfù T°5e a quelque chose P°ur résister aux tenons de la Misère.
“K13 curi°sité- elles sont là, peut-être, les .vres filles du peuple auxquelles je pense, perdues
r f 4Ue f3 ^ardlens de )a paix brutalisent
laisser les invites de distinction entrer seuls dans
c“a;ne qm est la mais°n de tous. En passant, la
re jette une parole à ses sœurs misérables et
lP„7 eo,eSt ,Une Protestation de mépris pour la
ir t U ,Vf ’ Poul la religion de sainte Geneviève e Jeanne d Arc.
a malheureuse enfant n’est peut-être pas aussi
236 LE TESTAMENT d’UN ANTISÉMITE
coupable qu’elle le paraît. Elle était vraiment gracieus lorsque, disant bonjour à tous, elle se promenait autoi de la table aux dîners de Victor Hugo... C’est Lockrc qui a perverti cette âme innocente, qui et fait cet jeune moderne dure, ricanante devant les misères et 1< souffrances, étrangère à toutes les œuvres de chant Savez-vous ce que ce ménage, qui entrait dans le mono avec trois millions, adonné aux pauvres de cette vil: de Paris qui a honoré Victor Hugo de si magnifique funérailles? Mille francs! Franchement, ce cadeïi
n’avait rien de ruineux... .
Les témoins sont bien aussi. Le docteur Potain aliec ! des sentiments très catholiques ; sa sœur est très pieu; et fait beaucoup de bien; et voilà un homme qui, da; l’espoir de quelque cravate de commandeur, vie! renier sa foi et parader dans une cérémonie laïque 1
Goncourt, c’est le vieux gentilhomme , il ne tarit p: sur la lâcheté des hommes du présent; il vante sa fié] indépendance vis-à-vis des fantoches qui nous gouve nent, et le voilà, lui aussi, qui vient salir ses cheve i blancs dans une mascarade à grand orchestre qui rs-
pelle les Scifis culoiticlcs ...
Il ne faut pas se lasser de le répéter * lorsque d- Sommités, des Autorités, des Supériorités montrent: laisser-aller en ce qui touche à la conscience, comme voulez-vous cjue la masse ne soit pas ce quelle es. sceptique, détachée de tout, indifférente à tout, clgrine seulement de ne pas posséder le nécessa: lorsque quelques privilégiés sont gorgés, et se dise! que bientôt elle aura son tour?