‹ Le testament d'un antisémiteChapitre 21 sur 32 · CONCLUSION · texte numérisé non relu

CONCLUSION

Voilà des Strauss, des Sigismond Lacroix, des Calvinhac, pour prendre des noms au hasard. Us ont tout contre eux : l’un a été condamné pour désertion ; l’autre est un Juif polonais d’orig'ine sordide; le troisième a vu son élection au Conseil municipal cassée parce qu’il n’avait pas de domicile. Ils sont sans aucune espèce de valeur, ne présentent aucune surface, ne disposent d’aucune ressource, mais ils trouvent des gens qui les poussent, qui les soutiennent, qui les commanditent. Les Loges les hissent, les appuyent et ils deviennent tout jeunes conseillers municipaux ou députés en attendant qu’ils soient ministres.

Voilà maintenant un écrivain dans toute la force de 1 âge, en pleine possession de la renommée : il ne demande rien à personne; il a gagné, par son travail, de quoi payer ses frais d’élection. Il brigue le plus modeste des mandats; il est dans des conditions particulièrement favorables ; il habite le quartier depuis quinze ans ; alors meme qu’il y était très pauvre, il y a vécu très honorablement ; il a payé régulièrement son épicier et son charbonnier et le quartier est un vieux quartier de Paris dont les habitants sont pour la plupart d’honnêtes gens et, en conséquence, sont assez portés pour les honnêtes gens comme eux.

Alors, du fond d’un hôtel magnifique, un député ;onservateur ameute tous les catholiques contre un îomme qui a défendu l’Eglise; tous les membres du donseil de fabrique, sauf un, tous les affiliés de socié- ,és religieuses votent contre lui; il obtient une minorité, précieuse sans doute par la qualité, mais insuffisante comme quantité, et il va prendre l’air à la camrngne, — ce que je fis...

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