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DE LA FACULTÉ DE S'ASSOCIER

Le phénomène de la disparition de l'individualité étant le signe des sociétés cpii tendent à dépouiller la forme antique, se montre également chez tous les peuples modernes, mais il faut encore, pour que ces peuples vivent, qu'ils remplacent la forme ancienne par la forme nouvelle que doit revêtir la vie dans les sociétés de l'avenir : cette forme, c'est l'association.

Or il n'y a que les peuples qui savent être libres qui sachent et puissent pratiquer l'association, d'abord parce que la liberté est nécessaire pour que l'association se constitue, puis parce que les qualités nécessaires pour la réaliser dérivent des mêmes facultés que la liberté et dépendent

comme elles de la race^ Il ne suffirait donc pas pour la rendre possible là où elle est en fait interdite, d'abolir de certains articles de loi qui s'opposent à la liberté de réunion ; pour que l'association se fasse et qu'elle soit efficace, il faut que le peuple ait l'esprit et les mœurs qui la rendent possible.

Les sociétés où domine l'idée socialiste ne sont pas capables d'association. Là où l'individu compte sur l'autorité et sur le secours de l'Etat, il ne songe pas plus à faire ses affaires par l'association que par lui-même ; s'il conçoit un mode de coopération, au lieu de s'adresser à ses libres concitoyens, il s'adresse à l'Etat et le prie de transformer son idée en une loi qui serait applicable à tous ; il n'aboutit ainsi qu'à renforcer le despotisme qui l'annihile.

L'idée, je puis dire le génie de l'association, est le fruit du sentiment qu'on a de sa dignité, en d'autres termes, du sentiment du droit qu'on va mettre en commun.

Il est le fruit de l'initiative individuelle ou du

* La population du pays de Galles est Celte ; jamais les trade jinions ne se sont acclimatées parmi elle. (Voy. le livre du Comte de Paris, p. 117, note.) Certaines races ne peuvent s'associer, même dans les pays libres où l'association fleurit à côté d'elles.

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