‹ Le Testament d'un LatinChapitre 115 sur 168 · DE LA DIMINUTION DE LA VIE · texte numérisé non relu

DE LA DIMINUTION DE LA VIE

Ces faits et d'autres attirent l'attention inquiète des économisles, ils crient qu'il y faut porter remède, mais où prendrait-on le remède?

Peut-être y a-l-il là une application de la loi de l'offre et de la demande que je retrouve partout, et qui veut qu'un produit soit d'autant plus ou d'autant moins offert qu'il est plus ou moins demandé. 11 ne paraît pas qu'il y ait besoin d'hommes dans ces sociétés où les hommes ne peuvent subsister que des emplois que donne l'Etat, où ils ne sont pas appelés par les nécessités industrielles ni par aucune nécessité.

L'activité qui reste se concentre toute en un point; avantde disparaître entièrement du corps social, la vie se relire des extrémités et se réfugie à la tète.

Elle y produit d'étranges effets, elle y prend des formes bizarres, on dirait une congestion mêlée d'accès de fièvre ou de délire; ce ne sont plus les manifestations delà vie, mais de la maladie du pays.

Dire que la centralisation extrême est un état

nient Ju siècle, dans la proportion de 83 p. 100; Taccroissement de la population française, pendant la même période, n'arrive pas à 54 p. 100. En France, la progression s'amoindrit presque constamment; en 185'2, 1858, 1859 die est presque nulle. Depuis dix ans, en moyenne, la France a gagné 1 haLilant sur 270 ; TAngleterre, 1 sur 80. (M. Cochut, Revue des Deux Mondes, 1" février 1862.)

normal, c'est louer la santé d'un homme qui, le corps étiolé, n'aurait plus de vie que dans le cerveau. Lamennais a dépeint cet état en un mot: l'apoplexie au centre et la paralysie aux extrémités ; et M, Laboulaye, qui le cite^ ajoute: «Il ne faut pas oublier qu'en politique l'apoplexie se nomme révolution. »

La conséquence do la centralisation, c'est l'énorme prépondérence de la capitale^ et l'anéantissement des provinces qui n'ont plus rien qui vaille qu'elles vivent, et d'où la centralisation, si elle continuait à agir, finirait par retirer môme toute la force industrieuse, en sorte qu'il leur resterait à peine ce qui serait nécessaire à l'existence matérielle de chacun, en dehors des industries commandées par la nature du sol et les circonstances des lieux ; le soin de leur conservation personnelle empêcherait que cette dernière limite fût franchie, mais il n'y a pas de limite à leur annihilation intellectuelle,

« L'absence de passion politique et de liberté de presse a fait de la province un lieu où ne pénètre plus ni l'air ni la lumière ^ »

» Parti libéral, p. 117.

- Voy. Tocqueville, Ane. Rctj. cl Rév,

5 Tocqueville, Correspondance.

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