‹ Le Testament d'un LatinChapitre 121 sur 168 · DES FAIBLESSES INTELLECTUEI.I.ES · texte numérisé non relu

DES FAIBLESSES INTELLECTUEI.I.ES

dant que l'empire de Constantinople est déchiré par les prélendants, les querelles théologiqnes s'élèvenl el ajoutent au trouble universel. Après les empereurs iconoclastes, Léon l'Isaurien, etc., l'impératrice Théodora rétablit les images. «La fureur des disputes, dit Monlesquieu \ devint un état si naturel aux Grecs, que, lorsque Cantacuzène prit Constantinople, il trouva l'empereur Jean et l'impératrice Anne, occupés à un concile contre quelques ennemis des moines , et quand Mahomet II l'assiégea, il ne put suspendre les haines théologiqnes, et on y était plus occupé du concile de Florence que de l'armée des Turcs. »

«On dirait, écrit de Maistre^ que la langue française a voulu faire justice de cet empire en le nommant bas. Il périt comme il avait vécu, en disputant. Mahomet brisait les portes de la capitale pendant que les sophistes mitres argumentaient sur la gloire du mont Thabor. » Il s'agissait de savoir si la lumière qui apparut autour de Jésus- Christ sur le Thabor était créée ou incréée.

C'est le propre des gouvernements de s'occuper à des fadaises îi l'heure où tout va être perdu, et c'est le propre des courtisans de crier alors que

' Crandeur et décadence, cli. xxn.

« Du pape, IV, 9.

tout est sauvé; mais c'est aussi le propre des pays qui se laissent perdre par de tels gouvernements, de les suivre en faisant comme eux.

Dans les temps démocratiques modernes, la métaphysique ihéologiqiie, qui a perdu de sa valeur à cause de l'indifférence générale, est remplacée par la métaphysique politique, qui consiste à mettre en discussion des faits, des lois de l'ordre naturel qui doivent être acceptés d'abord quand on veut faire de la politique sérieuse et auxquels d'ailleurs les systèmes ne peuvent rien changer.

Ces disputes remettent sans cesse tout en question, l'ordre social et la forme politique qu'il affecte*. Les peuples libres ne disputent pas, ils agissent.

A cet égard, il est sûr qu'il n'y a point d'aberrations qui ne se soient produites. Elles sont généralement le résultat de la compression et du despotisme, qui est tellement contraire à la nature des sociétés modernes, qu'en peu de temps il y produit des effets monstrueux.

Les idées enfermées dans un cerveau, et qui n'en

• J'ai peur qu'en France, à en juger par la dernière expérience, tout gouvernement qui respectera la liberté et se laissera discuter, ne soit perdu par cela même (1871),

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