‹ Le Testament d'un LatinChapitre 122 sur 168 · DES FAIBLESSES INTELLECTUELLES · texte numérisé non relu

DES FAIBLESSES INTELLECTUELLES

peuvent sortir, être modifiées, épurées, corrigées par la discussion, s'exagèrent, se vicient et se faussent. Nous avons assisté à une véritable décomposition de l'esprit public par la métaphysique sociale ; on aurait dit les rêves de la sénilité d'un peuple.

Les doctrines politiques ou sociales qui régnent dans un grand nombre d'intelligences sont si extravagantes et si voisines de l'insanité, que, s'il se fait dans le pays un mouvement qui offre à ces doctrines une occasion de se manifester, et une chance d'être réalisées, on voit quelques-uns des plus exaltés parmi ces esprits égarés sauter d'un bond dans la folie complète; et le nombre des fous ou des monomanes de. la politique s'accroît soudainement. Peut-être peut-on dire qu'ils étaient déjà monomanes, mais que leur folie est apparue quand on a touché autour d'eux à la chose qui en était l'objet.

Toujours en présence de faits inattendus, inexpliqués, changeants, à la merci desquels on est, et auxquels elle ne fait plus subir le contrôle des principes, la raison la plus ferme est livrée aux hasards des plus contradictoires appréciations ; le désarroi règne parmi les âmes ; elles se dévorent les unes les autres|; déshabituées de traiter les

questions qui intéressent la société à la lumière calme de la sagesse, elles les abordent avec les haines aveugles et désordonnées; delà ces luttes envenimées éclatant dans le camp des vaincus euxmêmes, qui, au lieu de se liguer contre l'ennemi commun, se déchirent, et leurs méiiances réciproques n'aboutissent qu'à perpétuer leur défaite commune.

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