‹ Le Testament d'un LatinChapitre 13 sur 168 · DE L'ASSOCIATION · texte numérisé non relu

DE L'ASSOCIATION

Ce sont les questions relatives à la richesse, à sa distribution, an bien-être intellecliiel et nialériel qui constituent le problème social.

Le but qu'il s'agit d'atteindre peut se résumer en ces mots : l'amélioralion du sort du plus grand nombre par un meilleur emploi des fruits du travail, une répartition du capital plus conforme à la justice.

Il faudrait avoir jusqu'au bout l'audace de sa conviction, et, si l'on a confiance en la force, ne ])as la répudier; mais, en dehors de la solution directe du problème par un des systèmes qu'on propose et dont l'application serait confiée à l'État, à la loi, à la foi'ce, il n'v a de lemède à la misère

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iM niix souffrances de l'inégalilé que dans l'initialivc individuelle agissant par l'associalion. Si l'on flcmande quelle association, je répondrai : toutes celles que peut enfanter l'initiative individuelle dans ses combinaisons multiples.

Les formes de l'association sont infinies et ne sauraient être prévues ni réglementées d'avance ; de là vient justement que l'association ne peul être que l'œuvre de l'initiative des inléressés agissant en vertu de ce principe certain : qu'ils sont seuls juges de leuis intérêts et plus capables que qui que ce soit de les connaître et de les bien administrer.

Les formes de l'association dé])endent des circonstances, des besoins, des nécessités ; il y en a autant qu'il y a de groupes d'individus, d'idées et dinlérêls divers.

Remarquons que tout système préconçu qui ne réclame pas la force n'est, en définitive, qu'une forme d'association.

11 semble, par des expériences déjà faites cliez les j)euples libres', que la forme destinée plus particulièrement, quant à présent, à résoudre en

* Vov. Société coopéralivo crééo dans 1p Yoiksliire, par M. lîrigg'p, pour les mines, etc., de même pour l'agrieullure, par M. Gurdoii, à Assington ; les Pionniers de Rochdale, etc.

partie le problème social, c'est la coopération, et les sociétés coopératives paraissent destinées avec le progrès à prendre la place des sociétés de secours et de lutte.

L'association a fait ses preuves; on a vu réussir ses entreprises, tandis qu'on a vu avorter celles des systématiques.

Telle forme peut être applicable ici et non Là et il serait insensé d'affirmer que Tassociation sera une panacée à la condition qu'elle revêtira telle forme déterminée, coopérative ou autre; ce serait retomber dans les erreurs que je combats et attenter à l'action libre des associés futurs.

Mais on peut assurer qu'elle sera la solution ^ unique du problème social et si, comme je l'ai déjà dit, elle doit être le mode principal d'existence des sociétés modernes chez qui elle remédiera à la faiblesse de l'individu et aux inconvénients que présente l'égalité, tels que le morcellement de la terre et de l'héritage , il s'ensuit que la formation de ces sociétés coïncidera avec la solution du problème social ou plutôt ne fera qu'une chose avec elle, et c'est ainsi qu'elles réaliseront la justice.

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