DE LA LOI DE L'ASSOCIATION
L'association, ne pouvant être en aucune tat;on ié<ilementée d'avance, ne reconnaît d'autre loi que la liberté.
Gomme elle est toujours un moyen et le seul de résistance au despotisme, le souverain doit tendre à la détruire, il y réussira s'il a trop de puissance; il arrivera Je deux choses l'une : ou l'association sera faible et il l'anéantira directement, ou elle sera forte et aura déjà poussé des. racines dans le pays, et il l'absorbera en en prenant la direction, et ce sera une autre manière non moins sûre de l'anéantir.
La liberté politique est dune nécessaire à l'association, d'abord pour qu'elle puisse naître et
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yraiidir; une t'ois libres, les individus sont libres de s'associer et ils s'nssocieni par le seul effel des besoins et du développement de l'inlelligence, qui est aussi le fruit de la liberté. Mais qu'ont-ils à mettre en commun, sinon leurs droits et lt;urs facultés? j'entends par facultés tous les moyens d'action. La liberté poli tique estdonc indispensable, non-seulement pour lever les obstacles au fait de l'association, mais elle l'est aussi et toutes les autres libertés le sont, pour permettre aux droits d'exister, de s'exercer, aux facultés de se développer, et aussi pour faire disparaître les vices de la société politique qui rendraient l'association ineflicace et qui aggravent le mal social, s'ils ne sont pas SOS causes principales.
La plupart des souffrances économiques ont leur source dans les institutions politiques vicieuses qui maintiennent les hommes dans l'ignorance de leurs intérêts véritables, et entretiennent l'hostilité là où devrait régner l'harmonie. Ce sont elles qui faussent, par leur immixtion maladroite, le jeu des lois naturelles, telles que la loi de la valeur, la loi de l'offre et de la demande'; il faudrait ré-
' Apres avoir beaucoup réiléclii, j'en suis venu à penser que toutes les lois de la politique intérieure et exUrieuie se lésunieut dans la loi unique de l'offre et de la demande, qui préside aux
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partir sagement les impôts, supprimer ceux qui sont trop lourds, supprimer le cumul, les monopoles, les privilèges, l'emploi improductif de l'argent, les sinécures et l'arbitraire, toutes les choses que la liberté tend à détruire; que l'Etat s'abslienne, que son intervention fasse place à la liberté et les maux que l'association aura pour mission de guérir seront déjà bien affaiblis.
Si c'est par elle que le problème social doit être résolu et si elle doit nécessairement découler de la liberté politique, il est clair que la liberté politique sera par elle-même la solution du problème social. En sorte qu'on peut soutenir qu'il n'y a en réalité qu'un problème, le problème de la liberté,
ccluuigcs que les hommes font entre eux ■ toute la science sojiiile peut être ramenée là; en d'autres termes, dans le monde social tout consiste en services réciproquement rendus et dont le prix doit être librement débattu sous la protection de l'État; la loi de l'offre et de la demande et, par conséquent, la loi de la valeur qui n'est que restiinalion du service, étant naturelles et éternelles, la société et les gouvernements n'ont point à les établir, mais seulement à veiller h ce qu'elles s'exercent normalement et à ce que rien ne trouble leur jeu et ne fausse leur application.
L'intérêt véritable d'un peuple serait donc que son voisin fût riche et prospère, pour qu'il ait beaucoup de produits à lui demander en échange des siens, et que le prix en fût le moins élevé possible. L'Allemagne devrait souhaiter notre prospérité et nous la sienne. Nos rapports avec elle devraient consister à échanger des marchandises et des idées; ils consistent, à cette heure, à échanger des coups de fusil. Profonde sagesse des hommes!
qui est un problème politique et que, au point de vue de la solution, il n'y a pas de problème social distinci du problème politique.
La prétention de les isoler l'un de l'autre constitue un sophisme et des plus dangereux, parce qu'il trompe d'autant mieux qu'il flatte davantage, qu'il détourne les peuples de la préoccupation politique et les pousse peu à peu à abdiquer leur liberté.
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