‹ Le Testament d'un LatinChapitre 18 sur 168 · DES EFFETS DE LA GL'EUIIE · texte numérisé non relu

DES EFFETS DE LA GL'EUIIE

Je sais quels avantages B. Constant reconnaît à la guerre' : les dévouements liéroïques, la grandeur d'âme, l'adresse, le sang-froid, le courage, le mépris de la mort, et les liens par lesquels elle vous unit à la patrie. Ces avantages existent, dit-il, c( à la condition que la guerre soit le résultat naturel de la situation et de l'esprit national des peuples. » Et ils ne pouvaient en effet se produire que chez les anciens peuples, pour qui la guerre était dans l'esprit national. Ils étaient attachés à la guerre telle que ces peuples la faisaient".

Je sais ce que Humboldt' aussi a écrit à sa louange : qu'elle développe l'homme en le retrem- |)ant par le danger, le labeur, l'enthousiasme, ha guerre moderne n'a point ces caractères; la part delà bravoure personnelle y est de plus en plus restreinte, les hommes y combattent sans savoir pourquoi : qu'est-ce que cela peut avoir de favorable à l'individu? Le sacrifice qu'il l'ail de son libre

' Esprit (le conquête. Pol. conslit.. Il, 138.

- Les peuples (jiii étaient excellents à la guerre, quand la guerre était héroïque, n'y entendent plus rien dès qu'il s"agit de taire la gui'rrc moderne, seuibhilile à une o[)ération géométrique. Nous étions sans doute un peuple de soldats, quand le soldat était un héios, nous vivions sur cette croyance; nous ne sommes pas un pcu[(le de géomètres, froids, prévoyants et calculant toute chose.

•» Limites de Vadivn de l'ÉUd, p. 67 et suiv.

arbilre, non-seulcmenl pendanl la guerre, mais pendant une partie de sa vie, l'obéissance à laquelle le soumet le système des armées permanentes ne sont pas, que je sache, destinés à le relever. Humboldt ajoute, il est vrai, que, pour que la guerre ait ces effets, il faut que l'esprit qui l'engendre se manifeste chez tous les membres de la nation, et il condamne en conséquence les armées permanentes ; mais vraiment ce n'est pas des armées grecques qu'il s'agit

Page 1