‹ Le Testament d'un LatinChapitre 23 sur 168 · IL N'Y A QU'UNE QUESTION · texte numérisé non relu

IL N'Y A QU'UNE QUESTION

comme la liberté seule peut permettre à l'instruction de se répandre, à l'association de naître et de prospérer, dans la sécurité cl dans la paix, la liberté, pour les sociétés modernes, est non-seulement un moyen, elle est la forme même qu'elles devront revêtir, la condition même de leur vie.

La nécessité de la liberté pour créer désormais la vie politique et sociale et, par là, toute vie, ne se prouve pas historiquement, parce que le monde ancien vivait dans un état qui ne sera pas celui du monde nouveau ; on ne soutient pas qu'elle existait, mais qu'elle existe dès à présent. Elle est reconnue par tous, et, implicitement, par les pouvoirs les plus naturellement hostiles à la liberté. Ils ne répondent jamais à leurs sujets, qui la réclament : Vous ne l'aurez pas ! mais ils répondent : Vous l'avez. Il reste à constater combien de temps les pays à qui ils s'adressent se résigneront à dormir sur ces menson"'es.

La question n'est plus de savoir si la démocratie se fera, oui ou non ; qu'on y consente ou non, elle est faite.

La seule question est de savoir si la démocratie sera libre; il résulte de ce que je viens d'établir que c'est là une question dévie ou de mort pour elle. Le seul danger qu'elle ait à craindre, le seul

ennemi qu'elle ait à combattre à cette heure, c'est le desjjotisme. Si, égarée par de certaines tendances qu'on aperçoit en elle chez de certaines nations et qui l'entraînent loin de sa voie, elle demandait au despotisme l'égalité et le bien-être, de quelque nom qu'il se colore , qu'il s'appelle socialisme, ou monarchie, ou césarisme, il la conduirait aux abîmes.

Page 1