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DEFINITION DE LA LIBERTE

Suivant Locke et Voltaire, la liberté, c'est la puissance; et Ch. Diinoyer exprime la même idée quand il dit qu'elle est le résultat du développement soit moral, soit intellectuel, soit physique de Ihomme, qu'elle est d'autant plus grande qu'il est plus grand lui-même. A ce titre, a la mesure do la liberté, c'est la civilisation. »

Je prends les peuples à l'élat de civilisation où ils sont arrivés et je vois qu'un degré supérieur de civilisation, de culture et de richesse chez un peuple n'implique pas qu'il ait un bon gouvernement ni qu'il soit libre, et un degré égal de civilisation chez deux peuples différents n'implique pas qu'ils soient également libres.

Si, absolument et philosophiquement, la défr nilion de Dunoyer est bonne, poHliquemenl et socialement elle est incomplète, r, laissant de côté les querelles philosophiques, je n'envisage ici la liberté que politiquement, et je ne considère l'homme que comme membre de la société.

Pour êlre libre suivant Dunoyer, c'est-à-dire pour avoir des facultés très-développées, il faut les avoir pu développer, ce qui revient à dire que, pour être libre, il faut l'avoir été.

Mais ce développement même ne suffit pas, il faut encore qu'une force étrangère à vous ne vous empêche pas d'user de ces facultés.

La liberté de l'homme peut être entravée, politiquement par l'action directe du pouvoir, socialement par les lois économiques ou autres portant atteinte à son activité ou à la jouissance des fruits de cette activité.

Pour que l'homme. soit libre de marcher, il faut assurément qu'il ait des jambes saines, pour qu'il soit libre de marcher longtemps, il faut qu'il ail des jambes exercées ; mais pour qu'il soit libre de marcher, il faut encore qu'un gendarme ne lui mette pas la main au collet, et ne lui demande point des papiers qu'il n'a pas, qu'un soldat ne lui barre pas le chemin, qu'un percepteur ne lui en-

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