‹ Le Testament d'un LatinChapitre 34 sur 168 · DE LA PROPRIETE · texte numérisé non relu

DE LA PROPRIETE

L'homme ii'csl pas seulement un être pensant, il est un être actif ; il pense, il aime, mais il travaille aussi ; la liberté individuelle implique donc l'abolition des monopoles, la faculté de se mouvoir, l'indépendance du commerce et de l'industrie, la jouissance assurée et la libre disposition des fruits du travail ou delà propriété.

La propriété n'est que le prolongement au dehors de l'individualité de l'homme, et le droit de propriété un des droits constitutifs de cette individualité.

La preuve qu'il est un dioit naturel, c'est que ^ la notion de ce droit est naturelle à tout esprit cultivé ou non, à ce point qu'un esprit où elle

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manque est en quelque sorle monstrueux et que ce défaut a des conséquences désastreuses qui se font sentir dans la vie tout entière de celui qui en est affligé.

Les. sauvages eux-mêmes connaissent la propriété \ au moins celle de leurs instruments de chasse et de pèche, et, sinon la propriété privée, au moins celle de la horde sur le territoire où elle vit, où elle chasse, où elle pêche. Aussitôt qu'ils deviennent cultivateurs, ils onl la propriété individuelle ^ du sol, on pourrait dire qu'à ce moment seulement la civilisation commence.

«La propriété individuelle, remarque M. Lahoulaye % est la condition première de la liherlé ! . . . Sans elle l'homme n'a pas la pleine possession de lui-même. »

La propriété, comme la richesse et le bien-être, est une condition d'indépendance, c'est pour cela surtout qu'elle est bonne ; elle constitue en effet un des meilleurs préservatifs de la dignité qui est une des bases de la liberté ; elle l'assoit, la protège et l'assure.

La libre jouissance de la pro|)riété inq)lique sa

' Cil. Coiiilo, Tiaitc de Irijialaliuu, livre Itl, di. .wiii.

- Ibid., livre lit, tli. xxi.

■'• Hisl. des ÉUds-Liiis. t, lu!'.

libre disposition, tellement que le droit de disposer ne peut pas être distingué ni séparé du droit même de propriété; de là découle la liberté de tester. L'éloignement que certains esprits ont pour elle vient des terreurs que l'aristocratie leur inspire. Les inconvénients des réformes libérales, considérées isolément, frappent d'abord parce qu'on ne lient pas compte des changements qui seraient produits dans le pays par la liberté même ; ainsi la séparation de l'Église et de l'État fait craindre les envahissements du clergé, la liberté testamentaire fait craindre les substitutions, la grande pro- })riété, son immobilisation.

Mais il faut supposer que les mœurs sont démocratiques et qu'elles permettent aux réformes de s'accomplir. Ainsi l'égalité des partages passée dans les mœurs empêche les substitutions, etc.. Sinon, si les mœurs aristocratiques subsistent, il est clair qu'elles produiront leurs effets, et les lois qu'on édiclerait ne les en empêcheraient pas, mais ce ne serait pas une raison de nier un droit naturel ^

^ Nous avons voulu apporter Irop de hâte dans les applications (le la démocratie, et nous n'avons pas attendu que le terrain fût ^

préparé ; ainsi l'égalité de Ihéritage , édictée avant que les préjugés contre le travail fussent tombés; de là les embarras de la jeunesse, son inoccupation, etc.

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