‹ Le Testament d'un LatinChapitre 86 sur 168 · DE LA MO^'ARCHIE CO^■STITL■TIO^^■ELLE · texte numérisé non relu

DE LA MO^'ARCHIE CO^■STITL■TIO^^■ELLE

cette vue est si surprenante, qu'elle cause aux républicains eux-mêmes des altendrissements.

Mais s'il exisle une constitution qui garnnlisse par ailleurs la liberté, les rois n'y sont plus que comme un rouage insignifiant, qui n'aide en rien aux mouvements de la machine; en sorte qu'ils peuvent être atteints d'idiotisme sans que cela ait des conséquences quelconques.

Leur présence n'est plus nécessaire; on ne peut même invoquer, pour la justifier, la prétendue stabilité qui résulte de l'institution monarchique.

Les faits ont démontré que la stabilité est mieux garantie sous telle république que S9us telle monarchie. Un président de république meurt au milieu de la crise la plus formidal)le que jamais peuple ait traversée; il est remplacé sans difficulté et sans trouble; la seule maladie d'un empereur jette l'alarme dans tous les esprits.

Ce qu'on appelle la légitimité de certaines familles n'assure rien, puisqu'elles sont néanmoins chassées quand elles sont devenues insupportables au pays; l'hérédité n'est plus pour elKs qu'un mot vide et triste. Il faudrait d'ailleurs de laveuglemenl pour ne pas voir que les vieilles races royales, comme les races arislociatiques, s' épuisent. Elles ont travaillé elles-mêmes à leur décrépitude.

20fi LE TESTAMENT D'UN LATIN.

Quelques-uns de leurs héritiers, emportés par le coiiranl moderne, ont la sagesse de préférer l'état sûr et glorieux de citoyen à l'étal plus précaire (ju'ils auraient eu par leur naissance ou par le choix des peuples, qui n'en sont pas venus à comprendre qu'un de leurs fils est aussi capable par son intelligence de gérer leurs affaires qu'un prince quelconque le serait par son origine.

Il est inutile et dangereux de fonder des dynasties nouvelles : (c toute dynastie nouvelle, dit de Maislre', à qui l'on peut se fier sur ce point, étant une plante qui ne cioît que dans le sang humain. »

Autrefois, on disait que les peuples avaient été créés pour les rois; pLis tard, on a dit que les rois étaient créés pour les peuples : cette proposition n'est pas plus exacte que l'autre, et il paraît clair que les peuples peuvent se passer des rois.

* Du Pape, livre II, ch. vu.

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