DE LA REPUBLIQUE
Les théories sont oiseuses; toute la question de la forme politique se réduit, je le répèle, à savoir quelle est celle qui se concilie le mieux avec la liberté démocratique moderne et qui la garantit le mieux,
(c Entre la monarchie constitutionnelle et la république, dit B. Constant \ la différence est dans la forme ; entre la monarchie constitutionnelle et la monarchie absolue, la différence est dans le fond. »
Le fond, c'est la liberté; mais la tendance do la liberté est de s'accroître sans cesse, par ses pro-
' Polit. co))stit., t. II, p. 70.
près forces et avec le seul instrument dont elle puisse se servir fructueusement, qui est ellemême.
Quand elledoit fnire un progrès, nulle puissance au monde ne saurait l'empêcher; si un gouvernement est là rpii, ])ar sa nature ou sa folie, s'y oppose, elle tend à le changer ou, s'il le faut, elle le l'onverse ; c'est la rpialité des gouvernemcnis parlementaires, constitutionnels, que leur existence est, en principe, conciliable avec les transformations de la société où ils sont.
UiiO monarchie constilulionnelle, qui suppose une certaine liberté, serait donc préférable à une réj)ublique autoritaire.
Mais a l'action directe du monarque, ditB, Constant', s'affaiblit inévitablement en raison du progrès de la civilisalion; » bien qu'à un moment domié, la différence de la responsabilité qui pèse, ici sur les ministres et Là sur le chef de l'Etat, soit la seule qui sépare la monarchie de la république, la présence du roi fait toujours obstacle, dans une certaine mesure, au développement de la liberté.
Il y a, d'ailleurs, contradiction entre l'hérédité et le suffrage universel ; là donc où la liberté est
* Princip.de polit. ^ 1. 1, p. 28.