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DES FACULTÉS NÉCESSAIRES POUR ÊTRE LIBRE

qiiences de ses nctes el d'où dcconlent les enlreprises de l'initiative privée.

Le sentiment de la solidarité qui fait qu'on veille au maintien du droit dans la pcisonne des autres comme dans la sienne, parce qu'on sait que le droit est unique, et d'où découlent les garanties du droite

Ces trois facultés qui forment par leur ensemble la faculté d'être libre sont donc indispensables pour que les mœurs se fassent et que la liberté existe.

Quand j'entends certaines nations criant : Nous avons le droit d'être libres! je crois entendre les culs-de-jatle criant : Nous avons le droit de marcher !

On voit beaucoup de gens chez qui cet amour de la liberté n'est qu'une hypocrisie ; ils la veulent, mais pour l'étouffer chez les autres ; quiconque ne veut pas la liberté pour les autres en même

' L'absence du sentiment de solidarité est le fait dominant en France; il explique tout, particulièrement cette dispersion soudaine de tous les éléments de résistance devant les tentatives du despotisme; que celui-ci s'appelle empire, comité de salut public ou ci.mmune, il ne trouve devant lui que des individus incapables de comprendre qu'ils sont unis par la communauté des droits et des intérêts et par le devoir de défendre les droits et les intérêts les uns des autres. (Mai 1871.)

temps que pour soi, n'aime pas la liberté; un trouve môme des gens prêts à sacrifier leur liberté propre, pourvu que celle d'aulrui soit sacrifiée également ; ces gens-là ne feront jamais un peuple libre.

Cette responsabilité Je toute heure et de tous les actes qui incombe aux peuples libres serait trop lourde pour d'autres et leur paraîtrait plus insupportable que le joug de la proleclion.

Quand le roi du Pégu apprit qu'il n'y avait point de roi à Venise, « il fit, dit Montesquieu*, un si grand éclat de rire qu'une toux le prit et qu'il eut beaucoup de peine à parler à ses courtisans. » « La liberté même a paru insupportable à des peuples qui n'étaient pas accoutumés à en jouir. »

Je doute que le manque d'habitude soit la seule cause de ce fait; la liberté appartient à ceux qui ont la faculté d'ètre'libres.

L'amour et l'habitude se donnent, une faculté ne se donne pas ; elle est inhérente ta l'être, à sa substance et elle naît avec lui ; ainsi on peut acquérir l'art de peindre, mais non la faculté qui fait le vrai peintre.

Il n'y aurait donc rien d'étrange à ce que la fa-

' Livre XIX, cli. li, Esprit des lois.

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culte (l'être ]i])re fît dcfluit à certains peuples, de même que nous disons souvent de certains autres qu'ils sont prives de la faculté artistique. Ne sont-ce pas là des phénomènes naturels?

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