DES CAUSES D'OU DÉPEND T.A FACULTÉ D'ÊTRE LIBRE
J'observe qu'en fait, dans les pays libres, les catholiques s'accommodent de la liberté, qu'ils en jouissent au même titre et avec les mômes avantages que les citoyens qui professent d'autres religions.
On ne voit pas que les phénomènes religieux ne sont ni cause ni effet relativement aux phénomènes politiijues, qu'ils leur sont parallèles et qu'ils procèdent d'une même cause, celle qu'il faut chercher.
« Il is a most signilicant circumstance ihat no large society of which the tongue is not Teutonic, dit Macaulay, lias ever turned proleslant, and that, wherever a language derived from that of ancient Rome is spoken, the religion of modem Rome, to this day, prevails'. »
Pour découvrir la cause de la différence qui existe entre les peuples au point de vue de la faculté d'être libre, il faudrait donc descendre jusque dans leurs instincts profonds , jusqu'aux germes de leurs tendances.
Je n'affirme pas, je ne me lance pas dans ces
* « C'est une circonstance bien significative que jamais aucune grande société, dont la langue n'est pas germaine, n'est devenue protestante et que, partout où un langage dérivé de celui de l'ancienne Rome est parlé, la religion de la fiome moderne prévaut jusqu'à ce jour. » Macaulay, Hist. of Enghutd, 1, p. 55.
questions qu'on ne résout point et dont la solution d'ailleurs est inutile ; tout ce qu'on dit de lorigine des peuples est incertain, et je laisse aux savants, si versés à cette heure dans ces matières, le soin de délerminer comment s'accomplissent les changements et les transformations des races.
Je remarque que ceux qui nient l'influence des races sur la politique ne sont pas fermes dans leurs négations.
Dunoyer^ pen^^e que certaines races sont plus susceptibles que d'autres de développer leurs facultés et par conséquent d'être libres : a Je dis qu'un peuple est d'autant plus libre qu'il est plus civibsé. » llajouteque, si les Anglo-Américains sont plus libres que nous, c'est que leur civilisation est plus avancée que la nôtre; mais pourquoi? et ne pourrait-il pas y avoir aussi certaines races à qui manqueraient les facultés à développer?
Tocqueville% parlant de l'argument tiré de la différence des races, dit : « C'est un argument que je n'admettrai jamais qu'à la dernière extrémité et quand il ne me restera plus absolument rien h dire. » Il ne le répudie pas, il l'éloigné; et ailleurs : « il s'applique à prouver que tous les événements
1 Liberlé du travail, I, p. ISfi.
- Correspondance.