DES CAUSES D'OU DÉPEND LA FACULTÉ D'ÊTRE LIBRE
de ce mondo s'expliquent par la différence des races. Je n'en crois absolument rien ; cependant, je pense qu'il y a, dans chaque nature, soit que cela vienne de la race ou plutôt de l'éducation des siècles, quelque chose de très-tenace, peut-être de permanent, qui se combine avec tous les incidents de sa destinée et s'aperçoit au travers de toutes les fortunes, à toutes les époques de son histoire. » Qu'est-ce donc que cela?
« Pour le Romain, dit M. Laboulaye ', l'Etal est tout, le citoyen n'est rien; pour le Germain, rÉtal n'est rien, l'individu est tout. » Voilà, certes, une grosse différence.
Il nie l'influence des races, et reconnaît pourtant^ qu'il n'est pas un grand peuple qui ne soit « le représentant d'une idée. » Plus loin", après avoir constaté que la réforme n'est que l'indépendance germanique et qu'elle conduit à la liberté individuelle et politique, il dit qu'elle échoua a chez les nations de langue latine. » Pourquoi ?
M. Jousserandot * croit que l'esprit centralisateur, l'esprit d'immobilité sous la pression de
* L'État et ses limites, p. 16 et 17.
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* \jn Civilisatinn moderne; cours professé à Lausanne.
l'Etat appartient aux races sémitiques, orientales, et que les races indo-européennes ont l'esprit d'individualisme en partage; qu'ainsi toutes les nations européennes tendent à ce même but : le triomphe de l'individualisme. C'est bien là reconnaître l'action des races, mais se tromper, ce me i.<^mb]ô, sur leurs attributions ; car, avec cette thèse, il serait difficile d'expliquer les différences radicales qui se font voir au sein même des races dont il parle, tant dans leurs mœurs privées que dans leur organisation sociale.
Du reste, parlant des Aragonais qui possédaient chez eux \ejî(sticia, magistrat prolecteur de la nation, surveillant du roi cl de la noblesse, responsable devant les certes seulement, M. Jousserandot modifie sa théorie et il dit : « Celte magistrature fut abolie, moins par Philippe II que par suite de l'affaiblissement de l'esprit d'indépendance chez les peuples de race latine. »