DIFFÉRENCE DES RACES OBSERVÉE DA>'S L'HISTOIRE
En cherchant les causes de ces phénomènes, on trouve aisément des causes secondaires : on peut dire, par exemple, que, lorsque la France a fait sa révolution, le mal produit par le despotisme était déjà trop invétéré dans son sein; mais on allant an delà, on finit toujours par se heurtera un inconnu qu'on peut appeler comme on veut, mais que je traduis par ce mot : l'influenre de la race.
Les républiques italiennes du onzième au quinzième siècle étaient libres, dans le sens antique du mot, on voit chez elles un grand déploiement décourage et de génie. Mais elles n'avaient ni la liberté ni la sécurité qu'exigent les temps modernes et elles tombent peu à peu.
Dansle cours du seizième siècle^ enmêmetemps que le libre examen naissait, la centralisation politique s'établissait en Europe avec la monarchie pure. Ces deux faits devaient entrer en lutte ; et la lutte devait avoir des résultats divers suivant les peuples. Le premier choc eut lieu en Angleterre, où les amis de la liberté politique et ceux de la liberté religieuse s'unirent.
La grande charte fut arrachée au roi Jean par les barons en 1215 et fut confirmée plus de trente
' Voy. M. Guizot, Hist. fie la civilisation en Europe.
fois jusqu'au seizième siècle. La constitution était formée avant celte époque; les trois pouvoirs étaient distincts ; la monarchie représentative était créée et marchait. « Le protestantisme, dit Chateaubriand^, n'a rien changé aux institutions. » et, ajoute-t-il, « l'Angleterre passa à la liberté avec un front sévère, la France au despotisme en riant. »
Le conflit entre la royauté et la liberté commença de bonne heure : a Richard II, dit Voltaire', à l'âge de dix-huit ans, voulut être despotique et les Anglais trop libres, bientôt il y eut une guerre civile. Presque toujours dans les autres Etats, les guerres civiles sont fatales aux conjurés, mais en Angleterre elles le sont aux rois (1599)... Un parlement lui fait son procès (à Richard II.) Les accusations portées contre lui ont été conservées ; un des griefs est qu'il a emprunté de l'argent sans payer, qu'il a entretenu des espions et qu'il avait dit qu'il était le maître des biens de ses sujets. On le condamna comme ennemi de la liberté naturelle et comme coupable de trahison. »
Le conflit se continue sous Charles I"", sous Charles II et Jacques II, et la victoire définitive a lieu en 1688 par l'expulsion de Jacques.
1 I*réf;ice des Études.
- Essai sur les mœurs, cli. lxxviii.