AVEC UN FAC-SIMILE
EN mettaut eu ordre les archives de THùtel-Dieu d'.VDgoulême, nous avons eu la bonne fortune, le 10 février 1870, de découvrir une page inédite de Balzac, c'est-ù-dire son testament, entièrement autographe, daté et signé de sa main un peu moins de quatre mois avant sa mort. Ce document avait été annexé à la grosse en parchemin contenant les nombreuses donations faites aux pauvres dans les années 1G52 et 1653 par notre illustre compatriote, et leur sert pour ainsi dire de commentaire explicatif.
A l'époque où il écrivait les éloquentes pages ■que nous venons de retrouver, le grand épislolier vivait dans une profonde retraite, dans la modeste •cellule qu'il s'était fait bâtir au couvent des RR. PP. Capucins d'Angouléme, et où, méditant avec passion les saintes Écritures, il apprenait et se préparait à bien mourir. Il nous semble qu'il a rarement rencontré des accents plus touchants, des sentiments plus vrais, des pensées plus délicates. La reconnaissance qu'il témoigne ù M""" de Campaignolles, sa sœur, pour les soins attentifs qu'elle lui avait prodigués pendant sa maladie, et l'expression des sentiments chrétiens qui l'animent, sortent avec effusion d'un cœur sincèrement ému et rappellent sans désavantage les passages les plus heureux du Socraie chrétien.