I.e nom de mon rival i
CYTHÉRIS.
Soit !
CASSIUS
Vous allez nommer L'heureux mortel qui n"a qu'à se laisser aimer. Comme pour Cythéris l'amour est chose grave, (]et heureux-là sans doute est jeune , riche, brave , D'aussi vieille noblesse au moins que Romulus ; 11 a gloire et beauté';'
CYTHÉRIS.
S'il n'avait rien de plus.
Des jardins de Salluste à la porte Capène, Rome a bien dix seigneurs qui le vaudraient sans peine ; Et dans ce cas alors...
CASSILS.
Achevez; dans ce cas?
CYTHÉRIS.
Je serais sa maîtresse, et ne l'aimerais pas.
CASSIUS
(]et homme est donc un sage, un moderne Aristippe? De toutes les vertus enfin c'est donc le type? Puisqu'à vos yeux charmés ce nouvel astre a lui ,
Quel est-il? On voudrait se modeler sur lui.
CYTHÉRIS.
Oh ! vous savez , la femme est un être frivole ; Et, comme l'alouette imprudente qui vole, Ce qui brille parfois la prend à ses rayons.
CASSIUS
Fort bien ! Cet homme brille alors : par quoi ? Voyons î
CYTHÉRIS.
Par les contrastes. Rien en lui qui se ressemble :
11 est jeune et vieux , pauvre et riche tout ensemble ;
Il est voluptueux comme une femme au bain ,
Patient , sobre et dur comme un pâtre sabin ;
Il égale, s'il veut, flambeau du ciel Rutule,
L'orateur Gicéron , le poëte Catulle ;
Extrême en toute chose, il surpasse, dit-on.
Le pervers Clodius , le vertueux Caton ;
Noble et fier, il salue un esclave en tunique;
C'est Tarquin, c'est Gracchus, — enfin c'est l'homme unique !
Le reconnaissez-vous ?
CASSlUS.
Non.
CYTHÉRIS.
Vraiment ? Trait pour trait Cependant je le peins.
CASSIUS
Achevez le portrait.
Que fait-il?
Maintenant .'