‹ Le testament de César, drame en cinq actes et en vers suivi d'un épilogueChapitre 9 sur 95 · LES MÊMES, MOINS BYRRHA · texte numérisé non relu

LES MÊMES, MOINS BYRRHA

CYTHÉRIS.

Ma toilette est finie à présent, Cassius.

CASSIUS

Vous êtes , Cythéris , belle comme Vénus !

CYTHÉRIS.

.Te le voudrais : ce soir, je suis jalouse d'elle.

CASSIUS

Ce soir?

CYTHÉRIS.

Oui. Vous savez, femme qui se fail belle Se fail l)elle toujours pour quelqu'un, cvssius.

J'ai compris.

Vous attendez quelqu'un , n'est-ce pas, Cythéris?

CYTHÉRIS.

Peut-ôtre.

cASsrus.

Et vous voulez que je cède la place?

Vous êtes trop galant et de trop noble race Pour ne comprendre pas ({u'on ne reste jamais Chez une femme , alors qu'on peut la gêner...

CASSllS.

Mais. . .

Vous conviendrez aussi qu'il est certaines femmes!..

CYTHÉRIS.

Pour un homme élevé parmi les grandes dames , Un semblable langage est plus que surprenant : Vous parlez , Cassius , non comme un lieutenant De César, ce héros de l'antique épopée, Ni comme un amiral de notre grand Pompée ; Mais comme un soldat marse au bouclier de cuir, Comme un centurion grossier, un homme à fuir ! — Je vous arrête là, non pour moi , je vous jure ; Je vous pardonnerais de bon cœur une injure : Mais vous auriez grand'peine à vous pardonner, vous !

CASSIUS

J'avais tort.

A<:TK I, SCENK IV. \S)

CYTHÉRIS.

Adieu donc; sans aigreur quittons-nous.

CASSIUS

Je sors... mais, en sortant, un dernier mot, de grâce !

CYTHÉRIS.

()li, dix ! N'allez pas croire au moins que je vous chasse.

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