‹ Le testament de César, drame en cinq actes et en vers suivi d'un épilogueChapitre 2 sur 95 · SCENE PREMIERE · texte numérisé non relu

SCENE PREMIERE

HÉLÈNE, entrant; CASSIUS ET BYRRHA dans r atrium. Sur un signe d'Hélène, ils restent où ils sont, en vue du spectateur. Hélène entre seule , et s'arrête devant la porte du fond.

HÉLÈNE

Maîtresse !

CYTHÉRIS, derrière le!» rideaux.

Qne veux-tu?

HÉLÈNE

Pardon , je vous dérange;

C'est encor le seiij;neiir Cassiiis.

CYTHKRIS.

Homme étrange f

HÉLÈNE

Il vient vous présenter ses hommages.

CYTHÉRIS.

Toujours!

Se montrant.)

Dis que je n'y suis pas.

HÉLÈNE

Etje l'ai dit.

CYTHÉRIS.

Va, cours.

HÉLÈNE

Je cours, maîtresse; mais il ne veut rien entendre : Jusqu'à votre retour il menace d'attendre.

Soit! Mieux vaut poliment renvoyer ce jaloux. Qu'il entre donc : au fait, nous y gagnerons tous.

HÉLÈNE , à Cassius.

Entrez, seigneur.

(Cassius et Byrrha entrent par la gauche.) CASSIUS.

(A Byrrha.);

Enfin! —Toi, mon brave, demeure.

HÉLÈNE

Ma maîtresse est au bain , et va venir siu- Theure.

Œlle entre dans la salle de bain.

SCÈINK II.

CASSirS, BYRHHA.

Byrrlja'

RYRRHA.

Seigneur?

r.Assius.

Approche , esclave intelligent ; Pose là ta corbeille et ce vase d'argent. Ménage ta vigueur, mon gladiateur corse : J'ai besoin que ton bras garde toute sa force.

BYRRHA.

Vous m'avez acheté : Byrrlia le montagnard Est à vous. Ordonnez.

As-tu pris ton poignard?

BYRRHA .

Byrrha sans son poignard! mais c'est le corps sansl'ànie, (-'est le bras sans la main, le manche sans la lame!

CASSIUS

Bien. Ne t'éloigne pas.

(Il fait un sifziic; Bynlia rotounie dans l'atrium.

Il faut, et sans retour, Que j'en finisse avec ce ridicule amour. Cassius amoiueux . et ( lythéris rebelle ! . . . Tassius rierlaignp par <!\tliP)is'. .. . Ma hnlU^,

Nos élégants de Rome , aux doigts lourds de rubis ;

Ceux-là qui laissent pendre et flotter leurs habits ,

Qui , trônant sur un char, fiers d'être sans émules ,

Font polir et dorer le sabot de leurs mules;

Tous nos fats au parler grasseyant et moqueur,

Tous nos petits Troyens , riraient de trop bon cœur

S'ils venaient à savoir que mon pauvre navire , —

Où tant de voyageurs ont abordé , — chavire.

Je suis trop jeune encor pour souffrir ces mépris.

Quand une femme aimable, et comme Cythéris,

Fait la prude , et repousse un homme de ma sorte ,

C'est qu'elle en aime un autre. — Avant que je ne sorte.

Elle m'avouera tout|; je connaîtrai celui...

Me venger d'elle! ... oh! non, mais vengeons-nous de lui.

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