SCENE PREMIERE
HÉLÈNE, entrant; CASSIUS ET BYRRHA dans r atrium. Sur un signe d'Hélène, ils restent où ils sont, en vue du spectateur. Hélène entre seule , et s'arrête devant la porte du fond.
HÉLÈNE
Maîtresse !
CYTHÉRIS, derrière le!» rideaux.
Qne veux-tu?
HÉLÈNE
Pardon , je vous dérange;
C'est encor le seiij;neiir Cassiiis.
CYTHKRIS.
Homme étrange f
HÉLÈNE
Il vient vous présenter ses hommages.
CYTHÉRIS.
Toujours!
Se montrant.)
Dis que je n'y suis pas.
HÉLÈNE
Etje l'ai dit.
CYTHÉRIS.
Va, cours.
HÉLÈNE
Je cours, maîtresse; mais il ne veut rien entendre : Jusqu'à votre retour il menace d'attendre.
Soit! Mieux vaut poliment renvoyer ce jaloux. Qu'il entre donc : au fait, nous y gagnerons tous.
HÉLÈNE , à Cassius.
Entrez, seigneur.
(Cassius et Byrrha entrent par la gauche.) CASSIUS.
(A Byrrha.);
Enfin! —Toi, mon brave, demeure.
HÉLÈNE
Ma maîtresse est au bain , et va venir siu- Theure.
Œlle entre dans la salle de bain.
SCÈINK II.
CASSirS, BYRHHA.
Byrrlja'
RYRRHA.
Seigneur?
r.Assius.
Approche , esclave intelligent ; Pose là ta corbeille et ce vase d'argent. Ménage ta vigueur, mon gladiateur corse : J'ai besoin que ton bras garde toute sa force.
BYRRHA.
Vous m'avez acheté : Byrrlia le montagnard Est à vous. Ordonnez.
As-tu pris ton poignard?
BYRRHA .
Byrrha sans son poignard! mais c'est le corps sansl'ànie, (-'est le bras sans la main, le manche sans la lame!
CASSIUS
Bien. Ne t'éloigne pas.
(Il fait un sifziic; Bynlia rotounie dans l'atrium.
Il faut, et sans retour, Que j'en finisse avec ce ridicule amour. Cassius amoiueux . et ( lythéris rebelle ! . . . Tassius rierlaignp par <!\tliP)is'. .. . Ma hnlU^,
Nos élégants de Rome , aux doigts lourds de rubis ;
Ceux-là qui laissent pendre et flotter leurs habits ,
Qui , trônant sur un char, fiers d'être sans émules ,
Font polir et dorer le sabot de leurs mules;
Tous nos fats au parler grasseyant et moqueur,
Tous nos petits Troyens , riraient de trop bon cœur
S'ils venaient à savoir que mon pauvre navire , —
Où tant de voyageurs ont abordé , — chavire.
Je suis trop jeune encor pour souffrir ces mépris.
Quand une femme aimable, et comme Cythéris,
Fait la prude , et repousse un homme de ma sorte ,
C'est qu'elle en aime un autre. — Avant que je ne sorte.
Elle m'avouera tout|; je connaîtrai celui...
Me venger d'elle! ... oh! non, mais vengeons-nous de lui.