CÉSAR, CALPURNIE
CALPURNIE
Cher Julius, hé quoi!
Ni trêve ni repos !
CÉSAR
Venez , et grondez-moi :
Vous le pouvez , ma douce et noble Calpurnie ! Mais vraiment, sans me dire un homme de génie, Je crois depuis hier avoir bien travaillé.
CALPURNIE
Hélas! toute la nuit votre lampe a veillé. Cette lampe, disais-je, elle brûle son huile : César brûle sa vie !
CÉSAR
Allons, soyez tranquille, Ma chère ame! . . . Pourquoi ces pleurs, qu'il faut tarii !*
r.2 LE TESTAMENT DE CÉSAH.
CALPURNIE
Si Julius m'aimait, voudrait-il donc mourir?
CÉSAR
Ma vie! elle n'est plus à César que l'on gronde.
CALPURNIE
Plus même à Galpurnie, hélas!
CÉSAR
Elle est au monde ; Au monde , qui doit être ou barbare ou romain ; Au monde, qui tressaille, enfermé dans ma main ; Qui, fait dans ma pensée, en va prendre la forme , Et qu'à l'espace encor je ne puis rendre informe! Ce qui me reste à faire , ah ! si vous le saviez?
CALPURNIE
Ne me le dites pas , César, vous m'effrayez! Par moments, je l'avoue , orgueilleuse et jalouse. D'un dieu même , d'un dieu je crois êtie l'épouse : J'ai peur que Jupiter, du radieux séjour, Comme un autre Titan , ne vous foudroie un jour !
Me flatter aussi, toi! la femme qu'on révère. L'épouse au front voilé , la matrone sévère ! Toi, cœur pur où jamais orage ne monta! Digne d'une statue , à côté de Vesta!
CALPURNIE
Et Cléopâtre aussi , la belle Égyptienne , A coté de Vénus n'a-t-elle pas la sienne ?
CÉSAR
A ehacuiie selon ses mérites. .