ACTE IL SCÈNE III
CALl'LKME.
César, Si la reine d'Egypte était là par hasard , Près d'elle , je le dis sans que mon cœur s'irrilc , La pauvre Calpurnie aurait peu de mérite!
CÉSAR
Hé quoi ! jalouse encor de Cléopâtre , vous , 0 ma belle Minerve à Tœil tranquille et doux! Vous , dont l'àme est sereine et jamais ne soupçonne ! Vous que l'on ne doit voir jalouse de personne !
CALPURNIE
Je suis jalouse, moi, vous semblez étonné, Oui , jalouse du fils qu'elle vous a donné! Qu'a-t-elle fait aux dieux, cette amante éphémère? Elle, féconde hélas ! quand je ne suis pas mère !
CÉSAR
Ma Calpurnie, allons! ne croyez-vous donc plus A la tradition du temps de Romulus?
Plusieurs traitent cela de fable puérile :
(Antoine entre.)
Mais pour rendre féconde une épouse stérile , Le Luperque sacré, qu'il ne faut jamais fuir, L'eftleure, en bondissant, des lanières de cuir. Pourquoi vous dérober aux mains pontificales? C'est aujourd'hui le jour des saintes Lupercalcs : Descendons au Forum, où la foule s'épand. D'ailleurs, vous le savez, ces prêtres du dieu Pan Sont nobles, sénateurs, iïens de fort bonne source ; 1/un d'eux vous touchnra dans la divine course.
r.i LE TESTAMEiNT DE CESAIl.
CALl'UUNIE.
Oh ! César, j'aurai honte!...
CÉSAR
Et de quoi ? de venir Demander aux grands dieux, maîtres de Tavenir, Un fils, un héritier de César? Sois féconde! l/hérilicr de César est l'héritier du monde!
CALPURINIE.
Eh bien! j'aecomphrai vos orches, elier seigneur. SCÈNE IV.