ACTE l, SCÈNE III
N'est-ce point par ces mots qu'on aborde un Romain '
D'accord. Cela vaut mieux, certes, que de médire. Mais c'est quand on n'a pas autre chose à se dire.
CYTHÉRIS.
Vous avez quelque cliose à me dire ?
CASSIUS
Oui.
CYTHÉRIS.
Tant mieux !
One me direz-vous donc ?
CASSIUS
Je vous aime.
CYTHÉRIS.
Oli, c'est vieux '
CASSIUS
Vieux? J'ai beau le redire, amant fidèle et tendre, Vous avez toujours eu l'air de ne pas m'entendre.
CYTHÉRIS.
Vous , un stoïcien, — car vous Tétiez, je croi, — Vous daignez, Cassius, descendre jusqu'à moi! Vous de qui les aïeux , dans Rome , populaires , Marchaient accompagnés des faisceaux consulaires , Vous aimez C\ théris ' . . . Est-ce possible? Non. Mais que dira Brutus, l'élève de Zenon, S'il apprend cet amour? Oh ! j'ai peur qu'il ne lorce Junia, votre femme, oui, sa sœm\ au divorce. In scandale pour moi n'est pas ce que je veux...- Doucement , \>\n ! vous lirez mes chcN eux !
CASSIUS
Cythéris ! Cythéris ! oh ! vous êtes bien belle !
CYTHÉRIS.
Je le sais.
CASSIUS
Mais combien vous êtes plus cruelle !
CYTHÉRIS.
Je l'apprends.
CASSIUS , avec dépit.
Ah ! — Je pars demain ; j'aurais voulu Partir avec un mot meilleur.
CYTHÉRIS.
C'est résolu?
Vous partez demain ?
CASSIUS
Oui.
CYTHÉRIS.
Je vais être charmante Alors.
CASSIUS
Comme c'est bon, un amant qu'on tourmente!
CYTHÉRIS.
Tourmentez un amant, agitez un flambeau, L'amour est plus ardent et le rayon plus beau !
CASSIUS
Ainsi donc à ce point mon départ vous (fichante?...
CYTHÉRIS.
Non , et vous avez tort de me dire méchante. Ne vous y trompez pas, j'aime à vous recevoir; Vous êtes de ces gens qu'on est heureux de voir.