SCÈNE II
OCTAVE , seul , après un instant de silence.
J'ai vu Cassius tout à l'heure Écrire au pied d'un bronze antique : « Rome pleure ! « Dans Rome tout est mort, et courage et vertus! — « Ah ! si Brutus vivait ! — Non , tu n'es pas Brutus ! » L'énigme est transparente au moins... On la devine.
(Quelques moments de silence méditatif.) .
Longtemps encore avant ma naissance divine , La foudre sillonna, messagère des cieux.
La maison où, plus tard, devaient s'ouvrir mes yeux. Neuf mois avant mon jour natal , ma noble mère, Que d'un fils glorieux tourmentait la chimère, Au temple d'Apollon rêva, le fait est sûr. Qu'un serpent l'étreignait dans ses replis d'azur. Quatre ans après, mon père, aux éclats de la foudre, Crut me voir, à travers un tourbillon de poudre, Dans un char qu'emportaient douze coursiers de feu , Plusgrandqueles mortels, rayonnantcommeundieu!.. Lorsque j'avais six ans, dans un banquet de fête, Un aigle au vol bruyant s'abattit sur ma tête ; Et, m'arrachant mon pain, l'oiseau de Jupiter Sans me faire aucun mal remonta dans l'éther. Arrivé ce matin , je me trouvais à peine Sous les vieux aqueducs de la porte Capène, Quand soudain Tare d'Iris, à l'horizon vermeil , Ainsi qu'un diadème entoura le soleil; Et, tel que Romulus, je vis, royal augure! Planer douze vautours à l'immense envergure. — Cléopâtre est ici... qu'importe?... j'y suis, moi' Octave, Jupiter le veut, tu seras roi !