‹ Le testament de César, drame en cinq actes et en vers suivi d'un épilogueChapitre 69 sur 95 · ACTE IV. SgÈNE Vil · texte numérisé non relu

ACTE IV. SgÈNE Vil

CLEOI'ATRU:.

Non.

Je ne suis point ici la reine égyptienne, Mais la nymphe du Nil: chaque fleuve a la sienne. Que le vin de Lesbos, dans l'amphore vieilli, (]oule donc pour la main qui naguère a cueilli, Sur la plage embaumée où le Nil se découpe, Ces fleurs, qui de njon front tombent dans votre coupe!

ANTOINE

Lotus veut dire oubli ; mais je dois prévenir

Ma nymphe, que je veux un jour me souvenir !...

11 tend sa coupe à l'œnophore: mais Cléopàtre prend une aiguierr sur la table, et verse elle-même.)

OCTAVE , à part.

Lotus veut dire oubli? non : sommeil!... Je devine.

' Il vide sa coupe à terre, puis la levant : ;

A la nymphe du Nil, dont la source est divine!

CLÉOPÀTRE , levant s^ coujpe.

Au neveu de César! — A votre royauté, Noble Antoine !

ANTOINE

A la vôtre , ô nymphe ! à la beauté !

CLÉOPÀTRE , à part.

(Haut.)

Ils ont bu.- — -Quand César nous parlait tout à l'heure, Son front, morne et voilé, souriait comme on pleure. Qu'esl-ce donci^

ANTOLNE.

Los festins l'ont toujours fatigué.

Tous ces i;iands buveurs <i"eau n'ont jamais le vin gai.

J.U LE TES'l'AiMEM DK CKSAH.

OCTAVE

Et puis on le fait roi demain : c'est chose grave.

A?«T01NE, passant une main sur son front.

Mais ne voyez-vous pas comme un nuage, Octave.^

Moi , je sens mon cerveau nager dans la vapeur :

C'est comme un doigt de plomb sur mes yeux... Vrai ! j'ai pcm

OCTAVE

Depuis quelques moments à Pkiton je me voue : Monfrontestlourd, brûlant; et puisque Anioineavoue...

CiKOPATRE , riant.

Craignez-vous en dormant le sort d'Endymion? ■le ne suis pas Pliœbé.

(A une esclave nubienne.)

Ma lyre, Charmion.

(Charmion s apjjroche avec une harpe égyptienne.)

CLÉOPATHE , chantant.

Mère des hommes et des dieu.\ 0 principe de loules choses.

Qui fais éclore, dans les deux

Spacieux , Les étoiles comme des roses î

0 déesse du bon conseil ,

JNuit , qui régnais avant Salunie ;

Toi qui baises le front vcn-meil

Du sommeil.

Bercé dans ton vol lacilurue!

Comme les grappes au pressoir.

Tords les pavots lourds de Morphér, Stu' le pâtre qui , vers le soir,

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