TRÉBONIUS
Je suppose Que c'est quelque vertu de médiocre aloi ; Ou bien quelque matrone, invoquant cette loi Que sous le ridicule en vain nous étouffâmes, Et qui doit à César livrer toutes les femmes.
CÉSAR , lisant.
« Crains Brutus, ô César! Prends garde à Cassius.
<( Observe bien Cinna, Casca, Trébonius.
« Ruga, Cimber, Gurgès, ont subi ta censure,
« Et dans ces cœurs profonds saigne encor la blessure!
« On traîne avec des fleurs la victime à l'autel. . .
« Si véritablement tu n'es pas immortel ,
« Veille sur toi , César, — et leur complot s'ajourne.
« Si tu l'es , que ton œil un moment se détourne
« Pour voir dans l'ombre, loin de ces hommes flétris,
« Celle qui te contemple à genoux !
« Cythékis. »
Pauvre fonunc, pour moi combien la crainte est \ i\ e î
loO LE ÏESTAMENÏ DE CESAH,
Que huit jours seulement encore César vive, Il ne restera plus, oh ! c'est à parier. Une feuille, une seule, à ton chétif laurier!
(Il appelle.) Hélène? — Disparue !
(Pendant qu'il écrit sur ses tablettes, les conjurés suivent des yeux tous ses mouvements, et s'entretiennent à voix basse, avec une certaine inquiétude.)
(Écrivant.)
« Oh ! bienfaisant génie a Dont l'aile sur mon front plane, douce harmonie, « Je réponds à ta voix triste comme un adieu : « Fille de l'Ilissus, non , César n'est pas dieu; « César n'est qu'un mortel ! mais son pouvoir est ample, (( Et César veut construire , en marbre grec , un temple « A Vénus dévouée, afin que Cythéris « Ait sa blanche statue à côté de Cypris ! «
(Appelant.)
Byrrha !
BYHRHA.
Noble César 1
CÉSAR
Va porter ces tablettes
CASSIUS, à Brutus.
(ils causent depuis quelque temps à voix basse.)
V ous êtes résolu , Brutus?
BRUTUS
Comme vous l'êtes.
CASSIUS
Ainsi nous avons tout mûrement calculé : Cimber, pour le rappel de son frère exilé.