‹ Le testament de César, drame en cinq actes et en vers suivi d'un épilogueChapitre 95 sur 95 · SCÈNE ni · texte numérisé non relu

SCÈNE ni

BRLTUS, STUATON.

Seigneur'

KPIUKÎUK. 177

BIUTIS.

Eh bien ? '

STKATON.

Hélas!

lîRlITUS.

Parle sans plus attendre...

ï\i viens dans un moment où je puis tout entendre.

STRATON

Porcia...

BRUTUS

Straton baisse la tète et pleure.)

Morte? • — Aussi ! . . . Quelle repose en paix ! Le lien était donc brisé?. . . Je me trompais. — Straton ?

STRATON

Seigneur':^

Approche.

STRATON

Hélas ! mou noble maître, Fuyez! c'estvous qu'on cherche. . . Ilesttroptardpeut-étre!

BRUTUS

* Sois calme : l'ennemi, comme toi je l'entend;

" Mais |)our fuii' son atteinte il suffit d'un instant. " A ij;enoux !

STRATON , s agenouillant. ''

* J'obéis.

BRUTUS

' Puisque, toujours près d'elle,

* La pauvre Porcia t'a vu bon et fidèle ,

* Straton, écoute. — Elle est libre a\ anl sou époux, —

178 I.E TESTAMENT DE CÉSAFl,

* Je vais Tétre à mon tour ; sois libre comme nous !

(Il lui touche la joue pour l'affraiKhir. et le i-clève.) STRATON .

* Que puis-je faire encor, seigneur, ou \ ous promettre.'

BRUTUS

* Tu mannes, n'est-ce pas?

STRATON

*Plus (pie ma \ie, o maître!

BUUTL'S.

Eh bien ! tu vas me reiube un service, un dernier!

STRATOÎS.

Lequel?

BRUTUS

(Il lui donne son épée, et en tourne la pointe vers sa poitrine.)

Je ne veux pas être leur prisonnier. . . Comprends donc !

STRATON , se voilant le visage avee son bras.

Oh!

(En ce moment l'ombre de César apparaît, et passe en disant :)

Brutus! Brutus! Brutus !

BRUTUS

Pauvre ombre!

C'est toi : Rome n'est plus que ruine et dccombre! . . . Tu m'appelles , je viens. . . Point de retards , oh ! non '

Se jetant sur l'épéc que Straton lui jn-ésente.)

Vertu ! menteuse idole, ainsi tu n'es qu'un nom!

SCENF: IV.

LES Mi^.iMKs, OCTAVE, ANTOINE, SOLDATS, ,.o,i,.ni

(les t(>rche.s.

OCTAVE

Oii ililes-vous qu'il est?

ANTOINE , le précédant.

Seigneur, veuillez me suivre.

OCTAVE , regardant le cadavre.

CCsl Hrutus?

STKATON , a genoux . près du corps de son maitre.

Ce fut lui!

0(;TAVE, a\ee une étrange expression.

Brutus aiuait pu vivre.

ANTOINE

Le dernier des Romaiîiîs, Octave, a succombé: (]'est le plus grand, depuis que César est tombé ! Tous les conspirateurs , t'oide au crime asservie, Hors Brutus , ont tué par haine ou par envie : Épris d'un faux honneur, Brutus seul s'est trompe ; Au nom du bien public , Brutus seul a frappé ! Son àme fut toujours calme; sa mort est calme,

(Avec un accent de flatterie un peu railleuse.)

Rrutus a comhallii , mais Oclav c a la f)almo ! . , .

180 LE lESTAiMENT DE CÉSÂH.

Que ce manteau guerrier, Brutus , soit ton linceul ! ,

(Il jette son pahuhmiriitimi sur le eadavie de Brutus. (A Octave.)

Et maintenant le monde à nous deux!

OCTWE , a part.

A moi seul !

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