SCÈNE ni
BRLTUS, STUATON.
Seigneur'
KPIUKÎUK. 177
BIUTIS.
Eh bien ? '
STKATON.
Hélas!
lîRlITUS.
Parle sans plus attendre...
ï\i viens dans un moment où je puis tout entendre.
STRATON
Porcia...
BRUTUS
Straton baisse la tète et pleure.)
Morte? • — Aussi ! . . . Quelle repose en paix ! Le lien était donc brisé?. . . Je me trompais. — Straton ?
STRATON
Seigneur':^
Approche.
STRATON
Hélas ! mou noble maître, Fuyez! c'estvous qu'on cherche. . . Ilesttroptardpeut-étre!
BRUTUS
* Sois calme : l'ennemi, comme toi je l'entend;
" Mais |)our fuii' son atteinte il suffit d'un instant. " A ij;enoux !
STRATON , s agenouillant. ''
* J'obéis.
BRUTUS
' Puisque, toujours près d'elle,
* La pauvre Porcia t'a vu bon et fidèle ,
* Straton, écoute. — Elle est libre a\ anl sou époux, —
178 I.E TESTAMENT DE CÉSAFl,
* Je vais Tétre à mon tour ; sois libre comme nous !
(Il lui touche la joue pour l'affraiKhir. et le i-clève.) STRATON .
* Que puis-je faire encor, seigneur, ou \ ous promettre.'
BRUTUS
* Tu mannes, n'est-ce pas?
STRATON
*Plus (pie ma \ie, o maître!
BUUTL'S.
Eh bien ! tu vas me reiube un service, un dernier!
STRATOÎS.
Lequel?
BRUTUS
(Il lui donne son épée, et en tourne la pointe vers sa poitrine.)
Je ne veux pas être leur prisonnier. . . Comprends donc !
STRATON , se voilant le visage avee son bras.
Oh!
(En ce moment l'ombre de César apparaît, et passe en disant :)
Brutus! Brutus! Brutus !
BRUTUS
Pauvre ombre!
C'est toi : Rome n'est plus que ruine et dccombre! . . . Tu m'appelles , je viens. . . Point de retards , oh ! non '
Se jetant sur l'épéc que Straton lui jn-ésente.)
Vertu ! menteuse idole, ainsi tu n'es qu'un nom!
SCENF: IV.
LES Mi^.iMKs, OCTAVE, ANTOINE, SOLDATS, ,.o,i,.ni
(les t(>rche.s.
OCTAVE
Oii ililes-vous qu'il est?
ANTOINE , le précédant.
Seigneur, veuillez me suivre.
OCTAVE , regardant le cadavre.
CCsl Hrutus?
STKATON , a genoux . près du corps de son maitre.
Ce fut lui!
0(;TAVE, a\ee une étrange expression.
Brutus aiuait pu vivre.
ANTOINE
Le dernier des Romaiîiîs, Octave, a succombé: (]'est le plus grand, depuis que César est tombé ! Tous les conspirateurs , t'oide au crime asservie, Hors Brutus , ont tué par haine ou par envie : Épris d'un faux honneur, Brutus seul s'est trompe ; Au nom du bien public , Brutus seul a frappé ! Son àme fut toujours calme; sa mort est calme,
(Avec un accent de flatterie un peu railleuse.)
Rrutus a comhallii , mais Oclav c a la f)almo ! . , .
180 LE lESTAiMENT DE CÉSÂH.
Que ce manteau guerrier, Brutus , soit ton linceul ! ,
(Il jette son pahuhmiriitimi sur le eadavie de Brutus. (A Octave.)
Et maintenant le monde à nous deux!
OCTWE , a part.
A moi seul !